Bruno Guigue limogé

 Le sous-préfet a publié une tribune anti-israélienne sur le Net...

Le titre de la tribune anti-israélienne publiée sur le Net par Bruno Guigue
Le titre de la tribune anti-israélienne publiée sur le Net par Bruno Guigue - DR

 

Publié le 23.03.2008 à 00:00
Mis à jour le 23.03.2008 à 18:21

Ses propos tenus sur le Net ne sont pas passés inaperçus. Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir écrit, le 13 mars dernier, une tribune «violemment anti-israélienne» sur Oumma.com, un site web consacré à l'Islam en France.

Bruno Guigue, énarque et normalien de 46 ans, auteur notamment du livre «Proche-Orient : la guerre des mots» (2003), écrit dans cette longue tribune qu'Israël est «le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles». Il ironise également sur les «geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat».

En tête de son post, Guigue précise qu'il répond ici à la «prose haineuse» d'un article publié dans «Le Monde» le 27 février («L'ONU contre les droits de l'homme») et signé Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel.

MAM sanctionne

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a «été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions» de Bruno Guigue, a-t-on indiqué au ministère de l'Intérieur. «Ce n'est pas tant une question de fond, puisque chacun est libre d'avoir une appréciation, mais quand on est un sous-préfet en exercice, on est soumis à un devoir de réserve», a indiqué dimanche matin le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Gérard Gachet.

«Toute la fonction publique repose sur un devoir de réserve, une obligation de neutralité, qui correspond à l'égalité de traitement de tous les citoyens, quelle que soit leur sensibilité ou leur préférence", a déclaré Jacques Reiller, préfet de Charente-Maritime. Même si (Bruno Guigue) voulait publier un ouvrage sur les vases Ming, il devrait en référer, c'est la seule règle.»