...un ancien dirigeant accuse

(lefigaro.fr) avec Le Monde
24/07/2008

Un ancien responsable de l'UIMM révèle que la caisse noire de l'organisation patronale aurait servi à financer l'ancêtre du Medef lui-même, mais aussi des syndicats, ou encore des partis politiques…

Les révélations sont de taille…C'est un véritable rebondissement dans l'affaire de la caisse noire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), révélé par le quotidien Le Monde. Jacques Gagliardi, ex-bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, a témoigné devant le juge d'instruction Roger Le Loire le 16 juillet, chargé de découvrir à qui étaient destinés les 21 344 691 euros prélevés sur les «comptes spéciaux» de l'UIMM de 2000 à 2007. Il avait mis en examen Jacques Gagliardi pour «recel d'abus de confiance» pour avoir perçu des compléments de salaire et de retraite en espèces.

Selon Jacques Gagliardi, l'ancêtre du Medef lui-même, le Conseil national du patronat français (CNPF), a bénéficié, pendant de longues années, d'un financement occulte de l'UIMM. «Le CNPF comptait un service des études législatives qui en réalité avait une tout autre activité, assure Jacques Gagliardi, dans des propos rapportés par le Monde, « je dirais qu'un représentant du CNPF venait régulièrement s'alimenter en munitions auprès de M. Guillen (…), je dois dire qu'à mon départ, en 1995, ça continuait».

Les déclarations de Jacques Gagliardi pourraient ainsi orienter l'enquête du juge vers d'anciens responsables du CNPF, tels qu'Yvon Gattaz (1981 à 1986) déjà auditionné comme témoin , François Perigot (1986 à 1994), Jean Gandois (1994 à 1997), voire Ernest-Antoine Seillière (1997 à 2005).

Les révélations de Jacques Gagliardi viendraient donc démentir celle de Laurence Parisot, présidente du Medef depuis 2005, selon laquelle elle n'aurait jamais eu connaissance de la caisse noire de l'UIMM. «J'ai été surpris des déclarations de Mme Parisot lorsqu'elle dit qu'elle n'était au courant de rien», a souligné Jacques Gagliardi. La présidente du Medef a émis un communiqué jeudi pour rappeler qu'elle «n'a été au courant des pratiques douteuses d'anciens dirigeants de l'UIMM qu'à partir des révélations de la presse du 26 septembre 2007».

«Une accusation sans fondement»

L'ancien responsable de l'UIMM n'en est pas resté là dans ses révélations. Il a mis en cause le financement des syndicats, et notamment de la CGT. «Il [Pierre Guillen] m'en a parlé en me disant qu'il donnait des sommes en liquide à des syndicats, explique Jacques Gagliardi. «Il m'en avait parlé du reste à propos de la CGT parce que c'était une