Invitée de Parlons Net, premier club de la presse Internet, Christiane Taubira a évoqué la situation en Guadeloupe, bien sûr, mais elle a aussi fait un sort à la nouvelle mode de la discrimination positive. Sans langue de bois. Ça change

Cette semaine Parlons Net reçoit Christiane Taubira. La députée de Guyane, apparentée socialiste, était jeudi 19 février à l'Elysée avec les autres élus d'Outre-Mer. Elle juge sévèrement l'attitude du gouvernement dans la cirse guadeloupéenne. Pour l'interviewer, Bénédicte Charles de Marianne2.fr, Samuel Potier du Figaro.fr et Julien Martin de Rue89.com. Une émission animée par David Abiker (France Info).

Prise de son: Pierre Minne - Pierric Charles
Images: Philippe Pallarès - Jean-Michel Després


 


Parlons Net reçoit Christiane Taubira
envoyé par FranceInfo
Reçue à l'Elysée jeudi dernier avec les élus d'Outre-Mer, Christiane Taubira est très critique à l'égard des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, qui répondent «assistanat» (les 280 millions d'euros de RSA) à des revendications qui concernaient l'exploitation. De même, elle explique que le silence de Michèle Alliot-Marie depuis le début de la crise en Guadeloupe est très mal ressenti par les Français d'Outre-Mer qui y voient une forme de mépris. Pour Christiane Taubira, ce silence est un aveu de désintérêt, de même que la seule réponse donnée par la ministre de l'Intérieur et des Dom-Tom : l'envoi de gendarmes. «En Guadeloupe, historiquement, les crises ne donnent pas lieu à des négociations mais à de la répression», déplore-t-elle. Et d'en déduire que les territoires d'Outre-Mer sont encore considérés comme des territoires d'exception. Notamment à cause de l'attitude des importateurs en situation de monopole : «Ce sont les forces de l'importation qui détiennent ces territoires et ont intérêt à ce qu'ils restent des territoires captifs».

L'exception, c'est aussi ce qui caractérise les politiques de discrimination positive, que Christiane Taubira qualifie de «grosse connerie». Ne serait-ce que parce que, si l'affirmative action peut avoir un sens aux Etats-Unis, elle n'en a pas en France, où les communautés noires n'ont pas la même histoire que les Afro-américains. Et d'ailleurs, demande-t-elle, qu'est-ce que la «discrimination positive», quel est le contenu de cette proposition? « Si c'est nommer un préfet musulman, un journaliste noir et d'en faire tout un plat, ça ne règle rien» car ça ne corrige pas les vraies inégalités. Qui sont sociales avant tout.