« Le Monde », un journal épatant, mais...

Le Monde est un journal épatant. Qui en doute ? Pas un jour sans qu'il nous livre un portrait, un grand reportage, une enquête, un document, un débat, de qualité, souvent exceptionnels, et parfois même les cinq pour le prix d'un. Si nos occupations nous laissent le loisir de prendre connaissance de tout cet incomparable superflu, c'est positivement le pied. Mais dès lors qu'il s'agit d'informer, le Monde se livre à de curieuses pratiques.
En voici quelques exemples.

L'autre jour, une réunion publique était organisée à Paris au cours de laquelle, fait très rare, des représentants de tous les partis et sensibilités, UMP comprise, condamnaient la volonté sarkozienne de nommer lui-même - et de démettre si c'est nécessaire - les patrons des télés et des radios publiques. Pas un mot dans le Monde.

En pleine tragédie de Gaza, des personnalités juives ou arabes, de toutes tendances, se réunissent à Paris, ainsi que 1400 personnes venant également d'horizons différents, pour appeler à la fin de toutes les violences. Pas un mot dans le Monde.

Près de 1000 professionnels du monde des médias se réunissent à Paris, au Théâtre du Châtelet, pour défendre le principe de l'indépendance et de la pluralité de la presse. Pas un mot dans le Monde.

On pourrait poursuivre. Il est vrai qu'en revanche six pages entières ont été consacrées à l'avènement du divin parti anticapitaliste de Besancenot. Le Monde est indispensable. On ne saurait s'en passer. Il nous rend intelligent. Quand il nous tape dessus, on considère que c'est un honneur. Mais, si on veut s'informer, on lit quoi ?

François Darras sur MARIANNE n° 619 du 28.02.09