Plus de gants, on bourre les urnes !

trahisons12524903401.1252573427.jpg Il est midi, ce vendredi 21 novembre (2008), quand le téléphone d’une secrétaire de section lilloise se met à sonner. A l’autre bout du fil, Guillaume Blanc, le conseiller politique de Martine Aubry à la mairie de Lille. Dans le Nord, comme dans le reste du pays, les bureaux de vote pour le second tour de l’élection du premier secrétaire ouvrent dans quelques heures. La discussion est brève. Il n’y a qu’un seul message à faire passer. Dans un premier temps, la jeune femme pense avoir mal entendu. Mais la consigne est claire: “On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes.” La veille, Ségolène Royal a créé la surprise en récoltant plus de 42% des voix lors du premier tour. (…)
Mathématiquement, le duel s’annonce extrêmement serré et la panique s’empare de la maire de Lille et de ses proches. Plus question de tergiverser. Quelle que soit la méthode, ce soir, il faut barrer la route de -Ségolène Royal. (…)

fraude-au-ps12524902951.1252573450.jpg (…) Vendredi 21 novembre, soir du deuxième tour à Lille. Depuis l’hôtel de ville, Guillaume Blanc adresse un SMS à tous les secrétaires de section. Il leur est ordonné de ne pas communiquer leurs résultats à la fédération - comme le prévoit pourtant le code électoral socialiste -, mais de les transmettre directement à ce qu’on appelle le “comité de ville”. Un bureau de liaison au service de Martine Aubry, situé au premier étage du bâtiment qui abrite la fédération socialiste, et dirigé par un certain Patrick Kanner (…)  Dans les faits, via “le comité”, c’est donc le cabinet de Martine Aubry qui a la haute main sur la fédération du Nord. (…)
(…) C’est sans aucun accroc que la chaîne cabinet du maire-comité de ville-fédération du Nord va se mettre en branle pour assurer l’élection de Martine Aubry, en étroite liaison avec le QG parisien de la future première secrétaire, installé à l’Assemblée nationale. Le dispositif est en place. De Lille à Paris, les montres sont coordonnées. Le casse du parti peut commencer.


fraude-ps.1252573470.jpg A 23 heures, huit des dix secrétaires de section de la ville sont au rendez-vous dans le bureau de Patrick Kanner, pour lui remettre les procès-verbaux des résultats. Cet homme, en liaison avec Paris, est chargé de la “tambouille lilloise”. Claude Bartolone, Christophe Borgel, François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis, les quatre mousquetaires de Martine Aubry, sont installés dans des bureaux de l’Assemblée nationale.

Leur consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remontés. A mesure que les chiffres tombent, ils sont rentrés dans un logiciel qui calcule automatiquement l’écart entre Royal et Aubry et fait varier les résultats “virtuels” du Nord afin qu’ils assurent la victoire à Martine Aubry.
Claude Bartolone, plusieurs semaines après, reconnaîtra d’ailleurs avoir bloqué les résultats du Nord “dans le but de s’assurer que, même si la Guadeloupe et la Martinique votaient à 100% pour Royal, l’avance de Martine ne permettait pas qu’on la rattrape”. En clair: les résultats du Nord sont gelés pour pouvoir être “ajustés” jusqu’au dernier moment afin d’assurer une avance suffisante à Martine Aubry.(...)

 

Hold-uPS, arnaques et trahisons   de Antonin André et Karim Rissouli. (Extraits parus dans la presse)DR
 

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Ce nouveau “polar “ sur la vie interne du PS n’est pas un scoop. Tout le monde savait que l’opération Rémoise d’éviction de Ségolène Royal avait été complètement bidonnée. Quand une candidate obtient plus de 42% des voix au premier tour en face d’autres candidats plus ou moins dispersés, il est évident que les reports de voix ne sont jamais parfaits et que l’alliance sur le papier des outsiders n’arrive jamais à remonter l’écart du premier tour. Vous Interrogez tous les spécialistes des questions électorales ; ils iront dans ce sens.
Dans la mathématique électorale normale et toujours vérifiée, l’élection de Ségolène, compte tenu de son score du premier tour, était inévitable. C’était sans compter avec l’ordinateur lillois.
c-058catch122686979612525254501.1252573494.jpg On devine la ligne de défense des Aubrystes :  les contestations ont déjà été instruites sans résultat et des fraudes ont eu lieu également dans le “camp Royal“.

Ils évoqueront évidemment les Bouches du Rhône. Dans cette fédération il n’y aurait pas que des petits Saints, et il est probable que le “mic-mac” pourra également y être désigné. Cette argumentation, celle des faibles, restera misérable en face de l’énormité de la révélation du livre : “le coup du logiciel”. C’est l’accusation qui tue.

Elle démontre la préméditation et qu’en aucun cas Royal avait la moindre chance de gagner : elle se battait contre l’informatique.

La rétention des résultats du Nord, avec un logiciel qui les corrigeait au fur et à mesure de ceux des autres fédérations et avec une “pondération” pour les territoire d’Outre Mer afin de conserver une marge suffisante, est un coup de grâce terrible dont il est difficile de se relever.

C’est le point majeur de l’affaire qui rend toutes les défenses caduques d’emblée : quel que soit le “bidouillage” en bas la correction s’effectuait en haut ! Le Nord corrigeait informatiquement le Sud !


b-200-royal-madone-b_121105952512525254931.1252573504.jpg Madame Royal prend son temps pour réagir ; elle précise cependant qu’elle allait “consulter Robert Badinter qui avait fait un certain nombre de propositions” après le vote controversé des militants. L’ancien ministre de la Justice avait proposé de “revoter dans les fédérations litigieuses”, a rappelé la fausse perdante de Reims. Mais “cette solution, qui était une solution responsable à ce moment-là, a été refusée. Je comprends mieux pourquoi elle a été refusée” ajoute-t-elle.
Dans un extrait publié, les auteurs du livre revenant sur le déroulement du vote dans le fief lillois de Martine Aubry, relatent le propos d’un proche d’Aubry: “On ne prend plus de gants, on bourre les urnes”…


melanchon-ps.1252573482.jpg Les donneurs de leçons épinglés m’ont toujours réjoui.

On conviendra que ce livre, alimentant la zizanie, fait le jeu de Sarkozy et peut démobiliser à gauche. Mais au lieu de vider l’abcès une fois pour toute les « bourreurs d’urnes » accumulent les maladresses dans une très mauvaise défense.

Ainsi François Lamy, le conseiller d'Aubry, qualifie cet ouvrage «sans intérêt» de «copié-collé de choses déja dites, déjà écrites». «On est dans l'après-Rochelle. C'est la seule chose qui nous préoccupe», assure-t-il, ne démentant pourtant pas une seconde les soupçons. Quant à la direction du PS, elle ne souhaite pas faire de commentaires, assurant qu'elle n'a pas reçu le livre.
Il n'y pas pas d'éléments probants» indiquant des irrégularités, s'est contenté de dire Laurent Fabius. Michel Sapin, trouve lui un «peu dommage que l'on retouille» ainsi de «vieilles histoires». Le crime e