Par Nicolas Barotte
13/05/2010

Arnaud Montebourg, président de la commission sur la rénovation du
PS, a précisé le calendrier de la désignation du candidat socialiste à
la présidentielle.
Arnaud Montebourg, président de la commission sur la rénovation du PS, a précisé le calendrier de la désignation du candidat socialiste à la présidentielle. Crédits photo : Abaca

La campagne pourrait commencer en avril 2011 et le vote avoir lieu à l'automne.

C'est son truc, son projet. Arnaud Montebourg tient aux primaires comme moyen de rénover le Parti socialiste. Après avoir échoué plusieurs fois à faire bouger les lignes dans ce parti, il aimerait bien, cette fois, remporter la bataille : au PS, tout le monde est pour, mais chacun à sa façon… Or, le député de Saône-et-Loire préside la commission sur la rénovation du PS. Elle doit présenter ses premières conclusions le 1er juin devant le bureau national du parti. Mais sans attendre, il commence déjà à dévoiler ses idées, quitte à agacer, car ce qui est en jeu n'est pas négligeable : la désignation du candidat socialiste pour 2012.

Parmi toutes les questions épineuses à régler, il y a celle du calendrier. «Nous terminerons les primaires au début de l'automne, fin de l'été 2011, ça c'est une certitude !» a-t-il déclaré mercredi soir sur LCP. «Nous commencerons après les élections cantonales de 2011, c'est-à-dire au début du mois d'avril», a-t-il ajouté. Jeudi, il précisait : «C'est une analyse. C'est le cadre des discussions. Ce sont les dates extrêmes entre lesquelles la primaire aura lieu.»

Ses déclarations ont été accueillies avec réserve au PS. «Les annonces d'Arnaud Montebourg sont prématurées», s'est agacé jeudi l'un des lieutenants de François Hollande, Stéphane Le Foll. «Arnaud a exprimé sa volonté personnelle», pense un membre de la commission rénovation. «C'est son bébé, alors il voudrait que la primaire dure le plus longtemps possible. Mais si elle commence au printemps, qu'est-ce qu'on fait pendant l'été ? On fait des photos des candidats en maillot de bain ? La seule question qu'il faut se poser est de savoir quel est le meilleur calendrier pour gagner en 2012.»


 DSK, le candidat fantôme

Là, les avis commencent à diverger. «Des primaires longues sont envisageables si le candidat est un challenger qui a besoin de temps pour s'installer», commente-t-on au PS. Dans le casting, Manuel Valls ou Arnaud Montebourg pourraient être celui-là. Les autres présidentiables préféreraient une campagne plus courte qui n'abîme pas le futur candidat. Ségolène Royal ne pose pas d'exigence sur la date, mais sa préférence se portait sur un calendrier précoce. François Hollande et ses proches argumentent avec constance en faveur d'une désignation avant l'été 2011 : après le vote, il faudra rassembler le parti, endosser la fonction de candidat et négocier avec les partenaires de gauche en vue d'un éventuel accord de gouvernement. Les partisans de Dominique Strauss-Kahn, enfin, refusent un calendrier trop contraignant pour le champion, qui ne serait pas disponible pour un retour en France au mieux avant le G20 qui doit se tenir en juin. Martine Aubry a tout intérêt à un vote tardif. «Il ne faut pas concevoir un agenda qui apparaîtrait contre quelqu'un», estime le porte-parole du PS Benoît Hamon.

Arnaud Montebourg a conscience de ces contraintes. «J'ai vu tout le monde. Je sais exactement ce que pense chacun. J'ai pris des notes», assure-t-il. Tout le monde, Dominique Strauss-Kahn compris ? «Tout le monde !»

Compliquée en elle-même à organiser, la primaire semble en effet quasiment insoluble quand il s'agit d'intégrer l'hypothèse d'une candidature de DSK, le candidat fantôme. «Le problème Strauss-Kahn n'en est pas un», assure un membre de la direction. «Il ne pourra revenir que si personne d'autre ne s'est imposé. Si Martine Aubry est en situation, il ne reviendra pas.» Les partisans de DSK ne l'imaginent pas non plus ferraillant dans des débats face à d'autres candidats. Pour eux, si elle doit arriver, sa candidature apparaîtra comme naturelle. C'est ce que Jean-Christophe Cambadélis appelle «la stratégie du velours».

Quelques voix commencent cependant à mettre en garde Dominique Strauss-Kahn. S'il n'est pas candidat, il devra le faire savoir assez tôt. «Il ne faudrait pas que Martine Aubry apparaisse comme une candidate par dépit», explique un de ses proches. Parce que primaire ou pas primaire, au sein de la direction du PS, on estime d'ores et déjà que ce sera l'un ou l'autre.

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