Extrait:  Reste qu’il y a aujourd’hui, au PS comme au SPD, un débat larvé qui n’apparaît pas toujours clairement. S’agit-il pour les socialistes de corriger l’économie de marché ou de promouvoir un autre modèle de développement ? Dans le discours, le PS, pressé par sa base et par les autres forces de gauche, se déclare fortement pour la deuxième tenue de l’alternative. Dans la pratique passée, c’est beaucoup moins net. Qu’en sera t’il en France en 2012, au delà des postures ?
Il y a la pourtant un enjeu essentiel. Est-il possible, sans faire des promesses qu’on ne pourra tenir, de garder l’espérance « qu’un autre monde est possible » ? Je le crois. Pour y parvenir il faudra prendre des mesures qui tout en exigeant une forte volonté politique ne sont pas nécessairement coûteuses.
1/ Le pouvoir des travailleurs dans l’entreprise, à travers une information et une consultation en amont des des décisions stratégiques.
2/ La réorientation de la fiscalité en diminuant l’impôt sur les bénéfices réinvestis, en diminuant la taxation du travail et en accroissant la taxation du capital et de la rente.
3/ La réduction dans tous les domaines des inégalités les plus scandaleuses.
PS et SPD convergeront tout à fait lorsque l’un et l’autre auront réussi à porter une vision ambitieuse de la société et des propositions nouvelles qui correspondront au véritable socialisme du vingt-et-unième siècle. Pour cela, ma conviction est qu’il nous faut réaliser un effort d’imagination radical. Notre « nouveau modèle de développement » doit être d’abord politique au sens le plus fort du terme. Ici, la question de la démocratie est centrale. Elle conditionne l’implication des citoyens, la pleine mobilisation des énergies et, en définitive, notre capacité à changer. Je fais donc le pari que la démocratie jusqu’au bout, à tous les étages, sera la stratégie commune de changement, pour le PS comme pour le SPD. »

Le blog de JL Bianco