Même si de nombreuses questions restent non résolues, l'étau scientifique se resserre autour de la bactérie tueuse du concombre... qui n'a finalement peut-être rien à voir avec le concombre. Jeudi 2 juin, deux laboratoires, l'un chinois, l'autre américain, ont publié simultanément la séquence ADN du microbe qui a provoqué une épidémie de syndrome hémolytique et urémique (SHU), tuant au moins 19 personnes en Allemagne et une en Suède.

 

Ces travaux ont été réalisés dans le délai record de trois jours grâce à des machines de séquençage «de troisième génération» fabriquées par la firme californienne Life Technologies  Corporation. Ils démontrent que la bactérie apparue dans la région de Hambourg est un nouvel agent pathogène, résultant d'une combinaison génétique très complexe. Elle est différente de toutes les bactéries de la même famille qui ont produit des épidémies de SHU dans le passé.

Ce caractère à la fois complexe et nouveau explique les difficultés des scientifiques allemands du Robert Koch Institute, qui ont couru sur une fausse piste et se sont... plantés en beauté avec le concombre espagnol !

Cette erreur a entraîné une avalanche de critiques contre les autorités sanitaires allemandes. Elle est en passe de provoquer une crise européenne. Les producteurs espagnols crient leur colère, le président Zapatero en profite pour faire oublier ses mauvais sondages, la chancelière Angela Merkel chancelle et réfléchit à un dédommagement de l'Espagne. La Russie, qui n'a pas l'habitude de faire dans le détail, interdit l'importation de légumes frais en provenance de toute l'Union européenne... 

Bref, une séquence d'ADN inédite provoque le chaos. Mais l'obstination des biologistes associée aux outils les plus récents de la génomique va peut-être permettre d'y voir enfin plus clair. Un premier communiqué scientifique a été diffusé le 2 juin par l'Institut de génomique de Pékin (Beijing Genomics Institute ou BGI), qui se trouve en fait à Shenzhen, près de Hong Kong. Les biologistes chinois, qui ont travaillé avec les chercheurs du centre mé