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le 16 septembre 2011 à 08h58 , mis à jour le 16 septembre 2011 à 09h06

Les électeurs danois ont confié jeudi le pouvoir au bloc de gauche conduit par la social-démocrate Helle Thorning-Schmidt et renvoyé le gouvernement de centre droit dans l'opposition après dix ans aux affaires.

 

la chef des sociaux-démocrates danois Helle Thorning-Schmidt lors de sa victoire aux législatives (15/09/2011) © AFP / J. Nackstrand

L'opposition de gauche a remporté jeudi les élections législatives au Danemark et va revenir aux affaires avec, à la tête du gouvernement, la chef des sociaux-démocrates Helle Thorning-Schmidt, après dix années de gouvernement de centre-droit sous influence populiste. Tandis que le décompte était plus serré que prévu - les sièges attribués aux territoires autonomes du Groenland et des îles Féroé pouvant arithmétiquement donner la majorité absolue à l'un ou à l'autre des deux blocs - le Premier ministre sortant, le libéral Lars Loekke Rasmussen, a concédé la défaite : "Plus tôt ce soir, j'ai appelé Helle Thorning-Schmidt. Je l'ai félicitée et je lui ai dit qu'elle avait maintenant la possibilité de former un nouveau gouvernement", a-t-il déclaré devant ses partisans. Il doit remettre la démission de son gouvernement ce vendredi à la reine et Helle Thorning-Schmidt pourra devenir, à 44 ans, la première femme à diriger le gouvernement danois. "Nous l'avons fait ! (...) Aujourd'hui, nous avons écrit une page d'histoire", s'est exclamé cette dernière devant ses électeurs, visiblement émue.

Née dans une banlieue de Copenhague, fille de parents divorcés, Helle Thorning-Schmidt est venue à la politique dès ses années de lycée, s'engageant contre l'apartheid en Afrique du Sud et pour l'ANC de Nelson Mandela. Lors de son ascension politique, elle a dû lutter contre son image de femme aisée issue des classes supérieures et expliquer pourquoi elle avait inscrit sa fille aînée dans une école privée. Ses goûts en matière vestimentaire, ses sacs à main haut de gamme lui ont valu le surnom de "Gucci Helle". Un surnom qui a eu le don de faire sortir de ses gonds cette femme habituellement maîtresse de ses émotions. Un député en a fait l'expérience à ses dépens : "Ne m'appelez pas 'Gucci' simplement parce que lorsque je sors, je ne ressemble pas à un sac de merde comme vous."

Une campagne dominée par la crise

Il y a quatre ans, son échec face à Anders Fogh Rasmussen avait fait vaciller sa carrière politique, menaçant sa présence à la tête des sociaux-démocrates. Mais en créant un "Bloc rouge" avec ses alliés de gauche, elle a su provoquer l'alternance, exploitant aussi les difficultés économiques que leDanemark traverse comme la plupart des pays développés. Dans une campagne dominée par les questions économiques, Helle Thorning-Schmidt a promis de relancer la croissance en investissant et en créant des emplois dans l'éducation et l'infrastructure. Dans un pays qui connaît le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé au monde, elle entend financer ce plan de relance par une augmentation du temps de travail, de douze minutes par jour.

Le Premier ministre sortant a tourné ce plan en dérision, mais les critiques n'ont pas suffi. Les partis de la coalition au pouvoir se sont vus accusés de ne pas avoir réussi à préserver la croissance. Lars Rasmussen aura exhorté en vain les électeurs à lui rester fidèles pour empêcher la gauche de défaire ce qu'il avait accompli. Le Danemark a évité dans une grande mesure les traumatismes qu'ont subis d'autres pays ouest-européens parce qu'il reste extérieur à la zone euro. Mais la crise économique a transformé ses confortables excédents en déficits qui pourraient atteindre 4,6% du produit intérieur brut l'an prochain.

Victorieuse jeudi, la chef de file du "Bloc rouge" a donc su convaincre les électeurs qu'elle serait à même de relancer l'économie du pays. "Nous avons de nouveau démontré ce soir que les sociaux-démocrates constituent une grande force qui occupe une position centrale dans la société danoise" a-t-elle ajouté. Helle Thorning-Schmidta aussitôt annoncé qu'elle souhaitait forger une alliance de gouvernement avec les sociaux-libéraux, qui joueront sans doute un rôle clé dans la coalition "rouge".

le 16 septembre 2011 à 08:58