Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 12 Octobre 2011

 Le PS a réussi son coup, et très largement, en enregistrant 2,6 millions votants au premier tour de sa primaire. Mais les classes populaires ont-elles fait le déplacement ? Les électeurs montebouriens sont-ils vraiment ces « perdants de la mondialisation » à qui il voulait s’adresser ? Pas sûr. D’autant que les « logiques de bastion », dans ce vote pourtant ouvert, a fonctionné à plein comme dans un vote socialiste classique…

 

Les logiques d’appareil devaient voler en éclat avec la primaire. C’était une des promesses des promoteurs de la primaire. Ça n’est peut-être pas si vrai finalement. La « logique de bastion », comme la nomme François Kalfon, le « Monsieur Sondages » du PS, a joué à plein. Chaque candidat a ainsi enregistré de très hauts scores dans son fief. A l'exception de Ségolène Royal qui s’est effondrée jusque dans les Deux-Sèvres à 18%, loin derrière François Hollande (44%) et à quelques dizaines de voix à peine au-dessus de Martine Aubry et Arnaud Montebourg. Mais c’est bien le cas pour Aubry dans le Nord (54% des suffrages exprimés), Montebourg en Saône-et-Loire (56%) et plus encore Hollande en Corrèze (86%). Rien de plus naturel, diront certains. C’est même dans l’ordre de choses que les électeurs optent pour un candidat qu’ils connaissent et qui, de facto, est bien implanté localement. Certes. Mais comment expliquer alors que la Seine-Maritime soit un des rares départements à avoir placé