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Marine Le Pen rencontre l’AIPAC, le super CRIF américain

Le mystérieux interlocuteur de Marine Le Pen en Floride n’est autre que qu’un cadre du plus puissant lobby juif aux Etats-Unis. Curieux de la part de quelqu’un qui a fait de la lutte contre le communautarisme et de la laïcité ses principaux axes de campagne. Stratégie « poutinienne » comme dirait Soral, ou prévisible évolution de la représentante de la nouvelle extrême droite, en tout point conforme à celle que connaît l’ensemble des extrêmes droites européennes, le logiciel républicain n’étant que le cache-sexe français du sionisme ? Selon le site « droites extrêmes », le voyage de Marine Le Pen aux Etats-Unis ne s’est pas arrêté à New York. La présidente du Front national était en effet, samedi 5 novembre, à Palm Beach, en Floride. Elle y a rencontré William J. Diamond, un cadre de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), structure qui se présente comme un « lobby pro-Israël américain ». Cette étape au sud des USA était « à huis-clos ». On le comprend. D’autant que Marine Le Pen avait toujours proclamé ne pas se rendre au dîner du CRIF. Pourquoi l’AIPAC et pas le CRIF ?

Selon « Droites extrêmes », M. Diamond est « king maker » à l’AIPAC, en clair un homme d’influence qui agit en coulisse, un intermédiaire entre personnalités politiques et l’AIPAC. Selon Jean-Yves Camus, fin observateur de la vie politique israélienne, un « king maker » de l’AIPAC est « un homme d’influence particulièrement influent ». M. Diamond est aussi l’un des « directeurs » de la Palm Beach Synagogue. C’est surtout un proche de l’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, souvent cité en exemple par Marine Le Pen pour sa politique sécuritaire de « tolérance zéro » alors qu’il était l’édile de la Grosse pomme. C’est aussi M. Giuliani qui officia lors du mariage de M. Diamond.

M. Diamond est aujourd’hui un soutien du candidat à la primaire Républicaine Herman Cain. Ultra-conservateur, patron d’une chaine de pizzerias, noir, Herman Cain est la nouvelle coqueluche à droite aux Etats-Unis. D’ailleurs, samedi soir au domicile de M. Diamond, des délégués du candidat Cain étaient présents pour la rencontre avec Marine Le Pen. Récemment, plusieurs femmes l’ont accusé de « harcèlement sexuel », pour des faits remontant aux années 1990.

Stratégie de contournement

 » Diamond a voulu voir de près ce que disait Marine Le Pen. Il a appelé une semaine avant pour la rencontrer. Ils voulaient avoir un autre son de cloche », raconte Louis Aliot, n°2 du FN. Au menu de la discussion: « Islam, révolutions arabes, immigration ». Sur ce dernier point M. Aliot indique que les gens rencontrés en Floride sont « sur les positions » du FN, voire « pires ». On s’en serait douté…

Celui qui a servi d’intermédiaire entre Mme Le Pen et M. Diamond est une nouvelle fois Guido Lombardi, tête chercheuse du FN aux Etats-Unis, proche du Tea-Party, ancien représentant outre-atlantique de la Ligue du Nord – le parti ethno-sioniste qui participe à la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi.

Après Ron Prosor, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, c’est une autre prise pour la candidate de la bourgeoisie maçonnique. M. Aliot -lui-même juif et compagnon de Marine Le Pen- veut croire que cette rencontre « aura une influence sur la communauté juive de France. William Diamond a des relais en France, qui ne sont pas ceux du CRIF ». Ce qui pourrait servir la stratégie de Marine Le Pen pour séduire des juifs français : contourner le CRIF – dont le président Richard Prasquier a une ligne très ferme vis-à-vis du FN – pour passer directement par les réseaux de la droite et de l’extrême-droite israélienne. Ceci illustre les tensions qui existent au sein de la communauté juive, certains campant sur un anti-racisme classique quand d’autres tentent de réhabiliter le racisme et voient en l’Islam un nouveau catholicisme, qu’ils abhorrent.

L’on comprend ainsi mieux l’objectif du voyage américain de Marine Le Pen : celui de tisser des liens politiques dans les milieux sionistes. « Ce n’était pas pour avoir une stature internationale. Elle l’a déjà. Il s’agissait de travailler des réseaux », reconnait M. Aliot vice-président du parti et soutien inconditionnel du « plus antisioniste des candidats » selon Alain Soral dont la stratégie qui consiste à amener les antisionistes et notamment les musulmans à voter Marine Le Pen, s’annonce cocasse à suivre.

Un voyage en Israël de la candidate FN n’est pas – selon l’entourage de Marine Le Pen – au programme « avant l’élection présidentielle ». Et si les relations semblent se réchauffer avec une partie de la droite israélienne, de nombreux obstacles demeurent à une visite officielle de Mme Le Pen à Tel-Aviv. Il lui faudra pour cela se débarasser des éléments hostiles au lobby anti-français, ce qui ne sera pas possible avant la présidentielle.

Il est intéressant de noter que c’est dans ce contexte qu’est survenu le surprenant vote Français pour l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, comme la sortie de Sarkozy sur Nétanyahou, ou même l’intervention française en côte d’Ivoire, contre Gbagbo, le candidat d’Israël.

Pour l’instant, ces évolutions ont provoqué l’éloignement d’Oriane Borja et de Christian Bouchet, mais sont soigneusement censurées par le site d’Egalité et Réconciliation. Faire co-exister Kémi Séba, Chavez et l’AIPAC va pourtant s’avérer compliqué, même pour un virtuose du logos. Mais peut-être pas pour un talmudiste narcissique et manipulateur…