Publié le 12-11-11 à 15:57     Le Nouvel Observateur avec AFP  

Nicolas Sarkozy aurait proposé d'arranger une majorité au Parlement italien pour le compte de Mario Monti. Les médias crient à "l'humiliation".

La Ligue du nord s'emporte elle aussi contre les interventions du "directoire franco-allemand". (c) AFP La Ligue du nord s'emporte elle aussi contre les interventions du "directoire franco-allemand". (c) AFP

Un député de la Ligue du nord, parti de l'extrême-droite italienne, s'est adressé samedi à la Chambre en français, en signe de protestation contre les pressions exercées par Paris et Berlin pour que l'Italie adopte des mesures économiques drastiques afin d'enrayer la crise de l'euro.

"Madame la présidente....", a commencé Massimo Polledri, en prenant la parole lors du débat sur les mesures exigées par l'Union européenne, dont l'adoption devait être suivie de la démission du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

Invitée par Rosy Bindi, qui préside les débats, à s'exprimer en italien, le député a poursuivi dans sa langue natale sa harangue contre "le directoire franco-allemand" qui s'apprête à "prendre le pouvoir".

Sarkozy voulait préparer le terrain pour Monti

Le président Nicolas Sarkozy a appelé vendredi son homologue italien Giorgio Napolitano pour lui apporter "son soutien le plus total pour ses efforts en faveur d'un programme de réformes ambitieux".

Selon le blog d'un journaliste du "Monde", repris dans les médias de la péninsule, Nicolas Sarkozy a également proposé à Giorgio Napolitano de prendre contact avec les responsables politiques italiens pour garantir à Mario Monti, pressenti pour succéder au Cavaliere, "la majorité nécessaire pour former un gouvernement durable".

Il aurait également proposé de se rendre à Rome avec la chancelière Angela Merkel dès la formation du nouveau gouvernement pour soutenir Mario Monti.

Certains journaux se déchaînaient samedi contre la France, accusée de s'ingérer dans les affaires intérieures italiennes.

"Quelle humiliation"

"Quelle humiliation de se faire commander par Sarko", s'insurgeait Il Giornale. Ce quotidien, qui appartient à la famille Berlusconi, ironisait sur le standard du Quirinal, siège de la présidence italienne, où la ligne est perpétuellement occupée par "les appels internationaux".

"Sarkozy, s'il vous plaît, restez chez vous", demandait pour sa part le Corriere della Sera, évoquant "le complexe de supériorité (non fondé)" du chef de l'Etat français.

Les sourires entendus d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, interrogés en octobre à Bruxelles sur leur degré de confiance vis-à-vis du chef du gouvernement italien, avaient déjà été vécus comme une humiliation.

La droite avait alors organisé une manifestation devant le Palais Farnèse, siège de l'ambassade de France à Rome.

 

Le Nouvel Observateur - AFP