Sur le blog de mLeray

 

Les Israéliens ont saisi 95% des sources d’eau palestiniennes,
aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza.

 

Par Eva Bartlett

 

(Il y a quelques jours…)
Un grondement sourd couvre les klaxons des voitures et les cris des enfants qui jouent dans la rue, devant notre maison à Deir al-Balah, au centre de Gaza. Au son, qui rappelle vaguement celui d'un fourneau, nous reconnaissons un avion de chasse israélien qui survole nos cieux et empoisonne la tranquillité du milieu de matinée. Perdue dans mes pensées et la rédaction d'un article, j'avais presque oublié mon environnement : la Bande de Gaza où, à tout moment le vrombissement d'un avion de guerre peut surgir et où, à tout moment, le bruit sourd et assourdissant de sa bombe et ses vibrations se propagent à travers les villes, les cités et les terres.


Mais le grondement de l'avion de chasse israélien, qui fait des cercles au-dessus de nous, me ramène à la réalité, rendant le futile d'autant plus futile, et le possible d'autant plus possible.

 

 

Un F-16 de l'armée de l'air sioniste dans le ciel de Gaza verrouillée.

 

(La nuit dernière)
Je suis tirée du sommeil par une forte explosion, dont j'ai appris plus tard qu'elle avait eu lieu à Nusseirat, à quelques kilomètres au nord de chez nous. La puissance du F-16 israélien aux bombes d'une tonne (ou plus) est telle que nous pouvons la ressentir à Deir. Nous gardant bien d'aller voir ce qui se passe, nous attendons l'inévitable seconde explosion, qui arrive en quelques minutes, plus dure et plus forte, nous poussant instinctivement à nous couvrir la tête pour nous protéger de possibles débris et éclats. Heureusement pour nous, nous sommes assez loin cette fois et il n'y en a pas. Après cette seconde explosion et la possibilité d'un autre bombardement israélien, nous n'avons pas d'autre choix que d'attendre et d'y faire face (personne n'a d'abri ou de sirène à Gaza, on est touché ou épargné dans cette Bande verrouillée).

Au réveil, j'ai réalisé que les avions de chasse ont été remplacés par le sifflement exaspérant des drones, capables de surveiller ou de bombarder et mes oreilles novices ne sont pas suffisamment entraînées pour entendre la différence. Mais m