Samedi 4 décembre 2010
 

L'euro craque et  les partisans de l'Europe s'occupent à saisir cette occasion pour renforcer leur pouvoir centralisé (Dominique Strauss-Kahn : "la solution la plus ambitieuse serait de créer une autorité budgétaire centralisée avec une indépendance politique comparable à celle de la Banque centrale européenne. Cette autorité établirait pour chaque pays sa politique budgétaire et allouerait des ressources à partir d'un budget central" - Les Echos, 22 novembre 2010).

Cela seul est assez ahurissant et ne me semble pas avoir fait suffisamment de bruit : il faudrait confier, selon DSK, l'élaboration du budget de la France à quatre technocrates bruxellois, qui décideraient de l'allocation des ressources en France et pour 500 millions d'habitants ! On pourrait appeller ça le gosplan tiens, ça nous rajeunirait !

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Ce qui est encore moins connu que ce renforcement interne du pouvoir de l'Union, c'est le projet de  marché unique euraméricain, censé fonctionner demain, en 2015 à peine !

On trouvera plus de détail sur l'excellent blog la théorie du tout. Il est animé par des sortes de Julian Assange du sud  de partout en France, qui ont décidé de comprendre par eux-même dans quels délire le projet européen nous entraîne. Et ils font ça méthodiquement, épluchant les directives, analysant les votes des uns et des autres...

Sur ce marché transatlantique, dans le billet auquel je renvoie ci-dessus, ils épluchent un vote du Parlement européen du 8 mai 2008, consacré au Conseil économique transatlantique.

Le délire impérialiste euroaméricain s'y déchaîne ouvertement.

En vrac, on apprend que "le partenariat transatlantique [qui] est une pierre angulaire de la politique extérieure de l'Union européenne, ainsi que de sa politique économique globale".

  Pas sûr que les européens, fussent-ils partisans de l'Union, soient même au courant dudit partenariat.

Pas grave, de toute façon c'est le monde entier qui doit s'attendre à être surpris : "compte tenu de leur rôle économique dominant au niveau mondial, les partenaires transatlantiques partagent la responsabilité en matière de gouvernance économique mondiale et de solutions aux défis économiques mondiaux".

Le blog La théorie du tout souligne cette perle, où, au chapitre de la réglementation des services financiers, le Parlement européen estime que "la commission devrait déconseiller la conclusion d'accords bilatéraux entre les Etats membres et les Etats-Unis car de tels accords risqueraient de compromettre l'égalité des conditions de concurrence applicables dans l'Union". Les quelques pouvoirs qui restent nationaux, pour le Parlement européen, c'est encore trop.

 Cette résolution navrante a été adoptée par 60% de cette assemblée illégitime qu'est le Parlement européen. Le site Votewatch.eu permet de voir qui a voté cette résolution folle mais parfaitement dans la ligne de ce qu'est l'Union européenne.

Parmi ceux qui ont approuvé ce condominium américanoeuropéen sur le monde, on trouve Marielle de Sarnez, pour le Modem, Kader Arif, pour le PS (le PS est divisé sur ce sujet, d'où les difficultés pour les présidentielles : beaucoup ont voté pour, mais des Rocard, Peillon ou Hamon ont voté contre), toute la droite, mais aussi Marine le Pen et Bruno Gollnisch, main dans la main pour une fois.

 

Moralité :

1. l'Union européenne, quels que puissent être les mérites théoriques initiaux de la chose, est une machine devenue folle qui fonctionne au bénéfice des Etats-Unis et à l'écart des opinions ;

2. le vote du FN montre que ce parti, comme d'autres soi-disant souverainistes, s'accomode fort bien de la dépossession démocratique que représente l'Union européenne ;

3. le vote de gens comme Rocard, Peillon ou Hamon montre que, sur certains points, certains au PS ont encore un peu de décence. Ils sont simplement coincés par leur approbation initiale de l'Union. Leur refus d'appeler à en sortir les condamne à jouer les utilités. Pour construire cyniquement une domination des riches sur le monde, la droite sera toujours plus efficace qu'eux.

4. l'UPR est le seul parti qui fasse de la sortie de l'Union européenne son objectif unique et principal. Ce projet protéiforme et adémocratique est sans conteste le principal des fléaux de l'heure. Il reste à ce parti en formation à se faire connaître.

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Récemment, un jeune de 17 ans a adressé à l'UPR un bulletin d'adhésion. Il terminait ainsi son message d'encouragement : "Vive la République et Vive la France" ! Je discutais de ça avec un ami, qui me dit : "Les jeunes n'ont pas sur les épaules tous les tabous dont on a gavé notre génération (par exemple le fait qu'ils ressortent des portraits de Lénine dans les manifs en dit long, pour le meilleur et pour le pire). Notamment bien sûr le tabou européen".*

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 Vive la République, vive la France, vivent les jeunes et mort au marché transatlantique !