Lors de sa visite au Salon de l’agriculture, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle a défendu un programme à contre-courant de ceux mis en œuvre depuis 1992.

Dire à l’électorat convoité qu’il a tort n’est pas ce que l’on fait de plus consensuel. C’est pourtant le parti pris de Jean-Luc Mélenchon qui, hier, visitant à son tour le Salon de l’agriculture, a voulu convaincre que la seule voie de salut pour le monde paysan est de rompre avec les politiques à l’œuvre. « Les agriculteurs se trompent en restant majoritairement attachés à Nicolas Sarkozy : c’est lui qui est en train de les ruiner », a asséné le candidat du Front de gauche, se référant aux sondages. Le modèle libéral est déjà un désastre, la future PAC promet d’en être un elle aussi, a-t-il martelé, épaulé de Pierre Laurent, du député communiste André Chassaigne et du parlementaire européen Patrick Le Hyaric, tous trois responsables du Parti communiste. « Et si l’économie agricole ne se dégrade pas de la même manière pour tous, certaines filières sont aujourd’hui à la limite de basculer dans le néant. »

Rupture : tel est donc le mot d’ordre affirmé du Front de gauche, lequel a défilé uni – et compressé – dans les allées du Parc des expositions de Paris, avançant son programme pour l’agriculture. Initié en 2009 à la Fête de l’Humanité, présenté en septembre dernier, le texte s’articule autour de quatre grands chapitres. Le droit à l’alimentation en est la cheville ouvrière. Suivent la rémunération des agriculteurs, la planification écologique du secteur et enfin l’aménagement du territoire. Au-delà, le projet détaille des mesures allant effectivement à contre-courant des politiques menées depuis 1992. En plaidant pour le rétablissement des quotas laitiers et des stocks alimentaires afin d’empêcher la volatilité des prix. En programmant la réintroduction de prix minimums garantis payés aux producteurs et d’un encadrement des marges opérées par les distributeurs (coefficient multiplicateur). En prévoyant, enfin, une diversification des productions, à l’opposé de la monoculture plébiscitée par le modèle productiviste. « C’est dans les départements où cette diversité est restée vive que l’économie agricole est la plus stable », argumente Jean-Luc Mélenchon. À terme, le projet du Front de gauche vise la création de 300 000 emplois dans l’agriculture. « Cela ne se fera pas sans imposer la relocalisation des productions », a poursuivi son candidat à la présidentielle. Cela ne se fera pas, non plus, « sans relancer la formation agricole, ni sans impose