Sur CORSE MATIN

 

Publié le vendredi 30 mars 2012 à 07h04 Le phénomène Mélenchon - 16488578.jpgJean-Luc Mélenchon va-t-il poursuivre sur sa lancée ?Reuters

 
 

Parti de loin, le candidat du Front de gauche peut-il être le troisième homme. Avec 14 % des intentions de vote, il double Marine Le Pen (13 %). « Historiques » ou « nouveaux convertis », qui sont ses électeurs ?

C'est le genre de courbe qui attire l'œil. 7 % des intentions de vote au premier tour en janvier, 14 % dans notre dernier sondage (1) ! Jean-Luc Mélenchon n'en finit pas de grimper. Ceux qui regardaient sa candidature de haut, il y a quelques semaines encore, le voient désormais autrement. Y compris, et surtout, à gauche. D'ailleurs, - quel hasard ! -, la droite se met à trouver des qualités certaines à Mélenchon. « Il fait une bonne campagne », constatent de leur côté les spécialistes politiques. Comment s'explique le phénomène Mélenchon ? Pourquoi sont-ils toujours plus nombreux à voir en lui le troisième homme de la campagne ? Pourquoi l'ex-sénateur socialiste séduit-il les communistes, les gauchistes et au-delà ? Quelques éléments de réponse avec ses soutiens « historiques », ceux qui, dans notre région, portent les couleurs du Front de gauche depuis sa création et les nouveaux convertis qui ont eu « la révélation Mélenchon ».

Les nouveaux venus

« Il est pédagogue »

« La première fois que je l'ai entendu, je me suis dit qu'il avait la niaque. »Andréa, étudiant varois, vient d'avoir 18 ans et va voter pour la première fois. « J'ai évolué en écoutant Mélenchon, en étudiant son programme. Il revient aux fondamentaux de la gauche. Mon truc, c'était plutôt : « Les élections, ça ne sert à rien.» Maintenant, je me dis que ça peut changer quelque chose.»Andréa apprécie aussi le côté pédagogue du candidat.«Le système bancaire, le capitalisme financier, le monde de la finance en général : il sait expliquer comment ça fonctionne et en même temps il parle de choses concrètes aux gens. » Et si son candidat n'est pas au deuxième tour ? « En cas de duel Sarkozy/Le Pen, je ne me déplace même pas. Si c'est Sarkozy/Hollande, ce pourrait être Hollande mais sous certaines conditions... »

« Il est fondamentalement honnête »

« Chez Mélenchon, j'apprécie l'idéologie et l'homme. Ce n'est pas si souvent que les deux se rejoignent ! » Franck, 59 ans, employé communal, a fait le voyage de Toulon à Paris pour assister au fameux rassemblement de la Bastille. De sensibilité de gauche mais jamais encarté, il place « la lutte contre l'économie libérale qui tue les services publics » au premier rang de ses préoccupations . « Seuls le FN et le Front de gauche remettent en cause cette économie libérale. Donc, pour moi, c'est Mélenchon. » « Un homme fondamentalement honnête » pour Franck et qui n'a « rien à voir avec le PC stalinien tel qu'on a pu le connaître ». « Mélenchon a réussi à cristalliser un mouvement de révolte qui se cherchait. Car pour moi, le PS n'est plus à gauche ! »

« Il sait se faire entendre »

Il a 17 ans et s'il pouvait voter, ce serait pour Mélenchon. Sans hésiter. « Je trouve l'homme intéressant. Il a du charisme. Il ferait un bon président. » Son côté « grande gueule » ? « J'aime bien. Il sait se faire entendre. » Sébastien, en terminale dans le Var, a découvert le candidat du Front de gauche en suivant la campagne. Pour lui, Jean-Luc Mélenchon n'a rien à voir avec le communisme ancienne formule. « Mais son rassemblement à la Bastille, c'était un beau symbole. » De son programme, Sébastien retient particulièrement la planification écologique, l'exigence de justice sociale et la mise en place de la VIe République. « Dans la campagne actuelle, le seul autre parti qui aurait pu m'attirer, c'était les Verts. Mais leur candidate ne me convainc pas. »

*Sondage BVA Nice-Matin, Orange, RTL réalisé les 21 et 22 mars auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par internet.Cet échantillon est constitué de 926 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d'un échantillon représentatif (978 personnes) de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).