Le mot d'ordre de la droite décomplexée, repris au pied de la lettre par la droite populaire, les apéros saucisson, les incartades indignes d'un Hortefeux ou d'un Besson, ont produit ce soir leur premier effet visible, pas vraiment kiss, et pas du tout cool : remettre en selle le Front National qui retrouve son niveau de 2002.

 

Quelques militants PS se répandent sur les ondes en tordant le nez : on est content, on avait un peu peur du FN, mais bon, on a confiance pour le second tour… à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Eva Joly dépose aux pieds de Hollande ses 2,2 %, Placé pourra retourner sous les ors du sénat sans avoir dégainé l'ombre d'un argument notable contre le FN, avec quelques bons mots contre Jean-Luc Mélenchon comme seul faits d'armes de campagne présidentielle.


Je vous accuse, amateurs de la droite décomplexée, chassant sans vergogne sur les terres de la haine, droite populaire, beauf et stupide, socialistes avachis sur votre matelas d'élus, incapables de vous être opposés à un traité qui bientôt nous dépossèdera de toute souveraineté, d'avoir déposé les armes devant l'extrême droite, d'autant plus facilement que vous ne les avez pas combattus, les haineux, laissant seul le Front de Gauche pour tenir la tranchée républicaine.

 

Je vous accuse, journaux et journaleux bobos de la gauche caviardée, d'avoir fait le lit de cette infamie, préférant taper à tour de bras sur le Front de Gauche et son candidat, plutôt que de dénoncer l'imposture du clan Le Pen.

 

Le Front de Gauche, plus que jamais, ressort soudé de cette campagne. Le 6 mai, nous aurons un objectif : dégager Sarkozy. Monsieur Hollande, bafouillant comme à son habitude pour expliquer que la tradition républicaine, blablablabla, ne saurait lui permettre d'être confronté plus d'une fois à son adversaire entre les deux tours, a oublié que la première des traditions républicaines, quand on se réclame de la gauche, est de combattre l'extrême droite. Nous, nous ne l'oublions pas.

 

Marine Le Pen ne fait pas trembler le système : elle en est l'instrument. Le vote protestataire n'est plus une explication derrière laquelle se cacher, le symptôme de 2002 est devenu une maladie chronique et maligne. Ne restera qu'à officialiser les noces macabres UMP/FN. Quelle surprise… l'Histoire se répète : plutôt Hitler que le Front Populaire.

 

La lutte continue.