Sur oulala

 

Jean Luc Mélenchon est en train de donner une leçon de fair-play, de noblesse et d’éthique à la classe politique et aux Français, qui inspire le respect et, pourquoi pas, une certaine dose d’admiration.


En signifiant clairement que tout doit être mis en œuvre au deuxième tour pour battre Sarkozy, il incite clairement à mettre l’autre bulletin dans l’urne.

Et  tout ça sans contrepartie de la part de François Hollande, qui veut avoir les coudées franches pour appliquer son programme, et son programme seulement.
Il n’a nulle intention d’avoir à composer avec qui que ce soit et encore moins avec la Gauche de sa Gauche. On peut se féliciter que ce soit une Gauche qui va être au pouvoir mais on déplore que l’autre Gauche, réunie sous la bannière du Front de Gauche, ne soit pas partie prenante. Sûr d’avoir un maximum de reports de voix du Front de Gauche, Hollande s’exonère d’incorporer des thèmes de ce courant, et ne dit même pas merci du bout des lèvres. Je trouve que ça manque de classe, et profiter à un tel point d’un formidable support totalement gratuitement sans offrir une contrepartie revient à mépriser 11% des Français.

On verra si entre les deux tours Hollande drague lui aussi l’électorat du Front National parce qu’avec eux rien ne sera systématique comme avec le Front de Gauche. Ce serait encore plus rageant qu’il s’engage à incorporer des réformes pour leur plaire, alors qu’il reste intransigeant avec Mélenchon. Heureux de s’en sortir à si bon compte et sans grand effort, Hollande refuse les trois débats avec Sarkozy, et là on ne lui donne pas tord car le Président sortant est un teigneux et un retord.

Il y a quelque chose qui me gêne de voir le pouvoir tomber tout chaud dans le bec de Hollande, et encore plus de le voir se payer le luxe de gouverner sans à avoir à s’allier et négocier ces reports de voix. Cette frustration est encore plus grande du fait que l’heureux bénéficiaire ne brille ni par ses antécédents ni par ses prestations ternes et sans relief. On n’a presque jamais ce qu’on mérite, on a ce qu’on négocie, mais Hollande n’a ni mérité ni négocié sa bonne fortune.

Mais revenons à Mélenchon, qui offre infiniment plus d’intérêt que le nouveau Président. Alors que Hollande aura son heure de gloire pendant le quinquennat, Mélenchon va continuer humblement et très activement à construire avec le Front de Gauche la victoire pour la prochaine fois. Ces cinq ans seront mis à profit pour lutter pour défendre le peuple et faire en sorte que ce parti soit favori pour 2017. On n’a pas fini d’entendre parler de lui.

Jean Luc Mélenchon a prouvé qu’il n’était pas un politicard calculateur, mais que tous ses efforts étaient exclusivement orientés au service d’un idéal pour les intérêts du peuple. Autant sur la forme que sur le fond il tranche avec le reste de la classe politique, et c’est assez rare pour que ça soit souligné.

Algarath