| Par Michel de Pracontal

Dimanche 6 mai, pour la première fois depuis 1966, le Japon ne produira pas d’électricité nucléaire : le réacteur n°3 de la centrale de Tomari, exploitée par Hokkaido Electric Power et située au nord du pays, sera fermé pour entretien. Depuis la catastrophe de Fukushima, les 54 réacteurs japonais ont été fermés l’un après l’autre, soit parce qu’ils avaient souffert du séisme, soit pour maintenance. Jusqu’ici, la remise en route des réacteurs arrêtés s’est heurtée aux exigences de sûreté post-Fukushima et à la résistance des populations locales. De plus, le Japon s’est adapté à vivre sans les 30% d’électricité que lui fournissaient ses centrales nucléaires. Non sans en payer le prix : les Japonais ont réduit leur consommation et ont augmenté leurs importations de gaz de 18%. Mais ils ont démontré qu’ils pouvaient vivre sans nucléaire, même s’ils n’en sont pas officiellement sortis. Cette situation inédite affaiblit les arguments du « village nucléaire », le lobby de l’atome japonais et rend de plus en plus improbable le redémarrage des centrales.

 
 
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