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Finies les grèves et manifestations… Jean-Marc Ayrault en avait rêvé, la droite aussi, il va pouvoir le faire. Pour mener les réformes dont la France a besoin, il s’inspire du modèle allemand de la cogestion, qui associe étroitement le monde syndical aux grandes décisions économiques et sociales du pays. Il recevra les partenaires sociaux mardi prochain pour lancer la préparation de la conférence sociale de juillet.Deux mois durant, syndicats et patronat seront poliment donc consultés en vue d’une grande « conférence sociale » en juillet, où l’on parlera salaires, emploi, retraite, formation et conditions de travail. Le hic est que contrairement à ce que prétend le nouveau pouvoir socialiste, la méthode de la concertation, qu’il érige en modèle de gouvernement, a déjà été expérimentée par Nicolas Sarkozy. On sait ce qu’il advint : après quelques succès (représentativité syndicale, rupture conventionnelle du contrat de travail), la mauvaise volonté de l’ancien président se brisa sur le mur des revendications dès qu’il fut question des sujets de régression sociale.
Confronté aux millions de manifestants, il se résigna à faire son deuil de la recherche du consensus, pour assumer seul et contre tous des réformes injustes et impopulaires, comme celle des retraites.
Depuis l’élection de François Hollande, la situation du pays n’a guère changé. Enlisée dans la crise d’un système capitaliste, la France d’en haut et de la finance ne veut plus du modèle social français en l’état, même plus que dégradé. Pas plus que son prédécesseur, ce gouvernement n’aura de « grain à moudre » à proposer aux syndicats s’il ne s’attaque pas aux racines du mal qui rongent le pays.
Le problème est qu’encouragés par le 6 mai et fidèles à leurs principes, les syndicats avec le monde du travail ne baisseront pas pavillon.
Remise à plat de la réforme des retraites, hausse du smic à 1 700 euros, pouvoir d’achat, précarité, effectifs et méthodes de management dans la fonction publique… Comme attendu, le jeu de la concertation débute par un grand concours de promesses. Et se présente, avant même d’avoir commencé, comme un piège pour le gouvernement dans la mesure où il doit choisir entre l’intérêt des privilégiés ou celui du plus grand nombre, les travailleurs.
Le calendrier et la méthode sont posés. Hier, à l'occasion du Conseil des ministres, Jean-Marc Ayrault a précisé les étapes liées à la conférence sociale qui se tiendra « avant le 14 juillet ».
Celle-ci pourrait durer plusieurs jours. Attendu avec un mélange d’attentes sociales fortes et d'exigences revendicatives incontournables par les syndicats, Matignon s'appuiera sur une valse en trois temps, pas moins, pour lancer la « refondation de la démocratie sociale » promise par François Hollande.
L'application, voire la prudence, mise dans l'exercice doit symboliser la rupture avec la méthode Sarkozy : « Il n'est pas question de faire des shows, des sommets sociaux qui durent une heure ou deux, où chacun s'exprime, on repart et il ne se passe rien », a affirmé Jean-Marc Ayrault sur RTL. Mardi prochain, il rencontrera d'abord, tour à tour, chacune des organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC) représentatives. Il sera entouré de Michel Sapin (Travail), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Marisol Touraine (Affaires sociales). Mais pas d'Arnaud Montebourg (Redressement productif), qui a fait du zèle lundi en communiquant sur ses propres rencontres avec des leaders syndicaux et patronaux...
Prévenir l'impatience sociale n’y suffira pas
Le gouvernement et les partenaires sociaux se retrouveront ensuite début juin pour définir les dossiers à aborder lors de la conférence sociale. Celle-ci aura vocation à « ouvrir les chantiers » et « fixer le calendrier des travaux », ainsi que la forme du dialogue social sur chaque dossier : concertation, négociation paritaire ou tripartite. Le rendez-vous se veut le début d'un « processus continu tout au long du quinquennat, organisé autour de réunions régulières », indique le compte rendu du Conseil des ministres.
Une manière de prévenir qu'en dépit des impatiences sociales, le « changement » annoncé aux Français nécessitera du temps.
Cette fusée à plusieurs étages satisfait-elle les organisations syndicales ? Réponse dans quelques semaines… Mais attention au retour d’allumage !
Au-delà de la croissance et de l'emploi, des thèmes sociétaux plus larges, comme la pauvreté, pourraient être abordés lors de la conférence, ouvrant aussi la porte à une participation du monde associatif aux travaux.
Publié par LE RACO MARSEILLE à l'adresse 11:00



