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La presse et les marchés se félicitent des résultats du sommet européen de vendredi dernier. Pourtant, ses préconisations ne manquent pas d'inquiéter, et la France pourrait bien en faire les frais.

Le Conseil Européen a annoncé la mise en place d’un "mécanisme de surveillance unique" des banques.  

À lire les commentaires de la presse, et à scruter les réactions des marchés, il faudrait se féliciter des résultats du sommet européen de vendredi dernier. Certains, comme Libération, l’ont même présenté comme une grande victoire de la France sur l’Allemagne. Pourtant, à y regarder de près, les conclusions officielles ne manquent pas d’inquiéter.

 

En particulier, les conclusions du sommet de l’Eurozone sont estomaquantes: "Lorsqu'un mécanisme de surveillance unique, auquel sera associée la BCE, aura été créé pour les banques de la zone euro, le MES pourrait, à la suite d'une décision ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques". Cette phrase d’une remarquable asepsie technocratique a rendu les marchés euphoriques, à la plus grande satisfaction de tous ceux qui, il y a quelques semaines encore, vilipendaient la finance et annonçaient sa mise au pas.

 

Elle mérite donc une petite traduction en français contemporain.

Dans un premier temps, le Conseil Européen nous annonce la mise en place d’un "mécanisme de surveillance unique" des banques, probablement dominé par la Banque centrale européenne. Autrement dit, la régulation bancaire, qui est aujourd’hui une prérogative des États membres, devient une compétence communautaire. Il est assez singulier de voir que cette décision est prise sans modification des traités, mais après tout, prudence et urgence obligent.

Intuitivement, nous comprenons bien l’objet de cette mesure: certains pays de l’Union surveillent la prise de risque de leurs banques priv