Sur PENSEZ BIBI

 

 

@Loud m’a indiqué deux beaux articles de que l’économiste critique a mis en ligne sur son blog. Je m’attacherai plus particulièrement à celui qui vise à analyser les idées de et . Ces deux thèmes reviennent souvent dans l’explication et l’analyse du Monde (à Droite et… à gauche), monde qu’on pourrait qualifier de «Capitalisme délirant». Voyez ce que j’ai compris de ce lumineux article.

RENCONTRES AVEC FRÉDÉRIC LORDON.

De Frédéric Lordon (découvert en 2009), j’avais lu «Et la vertu sauvera le monde»  et «Jusqu’à quand ? En finir avec les crises financières», De lui, j’avais visualisé un long et passionnant entretien qu’il fit avec sur le site d’, ou encore je l’avais écouté dans une intervention publique un samedi de lutte (Mai 2011) à Thorens-les-Glières.  J’avais par ailleurs écrit ce que je pensais de son billet sur le FN . J’ai finalement une sensibilité à son écriture, à ses pensées singulières, à ses textes charpentés toujours vifs et vivifiants. Ses écrits me passionnent, me remuent, m’interrogent, me font devenir enragé (quand je ne comprends pas tout ce qu’ils disent). Faut vous dire que question Capital économique, je n’en possédais guère. Bon, depuis quelque temps, j’y mets de la bonne volonté et de l’acharnement.

Et, mmmmmhmh, ça vient, ça commence à venir.

UNE DOUBLE SURPRISE.

Belle double surprise donc que de tomber sur du Frédéric Lordon (blog du ) en ces temps de confusion. Je laisserai de côté son premier billet  sur les trajectoires de ces Experts politiques nés au Monde et finissant à Mediapart. ( et ).

C’est sur le billet du 24 août que je m’arrêterais. Me voilà déjà tout souriant en première lecture avec une petite émotion jouissive sur ce beau passage à propos de , journaleux Libé, nouvel élu de la Classe médiatique, planteur de choux à Bruxelles, parangon du jeune loup voyageant en classe Eco, défenseur N°1 de l’ex-Merkozy et qui, aujourd’hui, de son bon œil, verrait bien Hollande chausser les bottes de notre ex-Petit Génie de Marrakech.

UNE POSITION ORIGINALE QUI TIENT PAR LES DEUX BOUTS.

Laissons de côté ce savoureux hors d’œuvre et jetons-nous sur le plat de résistance qui porte sur le Complot, le Complotisme, le Conspirationnisme (vous avez le choix). Sa lecture m’a permis enfin de pouvoir apporter des réponses claires et offensives sur ce sujet qui, dans les discussions entre ami(e)s, me mettait mal à l’aise.

Ce que j’ai aimé dans les positions de Lordon, c’est que :

1. Il n’évacue pas l’idée que, oui, c’est vrai, il y a des complots (ce sont des «faits avérés») mais qu’il faut «éviter deux écueils symétriques, aussi faux l’un que l’autre : 1) en voir partout ; 2) n’en voir nulle part», reconnaissant  ainsi qu’il y a parfois des menées concertées et dissimulées et qu’on peut les appeler des complots.

2. Dans le même temps et dans une même main – là est son originalité – il tient ce second postulat dans lequel il «refuse de faire du complot le schème explicatif unique de tous les faits sociaux» et il ajoute «que de tous les schèmes disponibles, il est le moins intéressant, le moins souvent pertinent».

Car c’est vrai que j’ai souvent eu affaire à des gens de Droite et à des gens de Gauche qui s’emballaient vite sur le rôti : ils tenaient leur explication. C’était simple : il suffisait de prononcer Trilatérale, Bildelberg, Clearstream, Le Siècle et hop, hop, hop, on avait trouvé les Maitres du Monde. Restaient plus qu’à leur décocher des Flèches empoisonnées ou à les mettre au bûcher et le tour était joué. Lordon parle de «monoïdéisme», pensée et chose uniques qui vont tout expliquer, idée exclusive qui rend compte intégralement. Exemple : la réunion cachée entre Grands qui décide(nt) de tout, de la marche du Monde comme de ses délires (financiers entre autres).

LA DÉPOSSESSION, EFFET DE LA MAGIE NOIRE DU LIBÉRALISME. 

Tout aussi intéressant le chemin de traverse qu’il prend pour donner un tour positif à ce «conspirationnisme», rejoignant là le Politique et les rapports de forces qui se jouent entre Populo et France du Haut. C’est par le mot de «dépossession» que beaucoup de choses alors s’éclairent :

«Dépossession : tel est peut-être le mot qui livre la meilleure entrée politique dans le fait social – et non pas psychique – du conspirationnisme. Car au lieu de voir en lui un délire sans cause, ou plutôt sans autre cause que l’essence arriérée de la plèbe, on pourrait y voir l’effet, sans doute aberrant, mais assez prévisible, d’une population qui ne désarme pas de comprendre ce qu’il lui arrive, mais s’en voit systématiquement refuser les moyens – accès à l’information, transparence des agendas politiques, débats publics approfondis (entendre : autre chose que les indigentes bouillies servies sous ce nom par les médias de masse) etc».

C’est donc par la parole confisquée, par la censure quotidienne à l’accès à la Pensée que l’idée conspirationniste est puissante, souvent récurrente : elle  est «le symptôme nécessaire de la dépossession politique et de la confiscation du débat public».

Là, Frédéric Lordon plaide pour plus de démocratie, pour une lutte (à mort) contre tout ce que les institutions de la confiscation (représentation, médias, experts à la Sauce Quatremer) refusent au populo… Populo qui «s’efforce néanmoins de conquérir [sa liberté] dans les marges (associations, éducation populaire, presse alternative, réunions publiques, etc.) – car c’est en s’exerçant [en luttant] que se forment les intelligences individuelles et collectives».

AGENTS ET INTERPRÉTATION.

Je n’ai évidemment pas tout épuisé de ce billet très long. Mais, à mon pifomètre, je suis sur de ne pas trop me tromper en devinant, derrière la place qu’il donne aux «agents», l’essentiel de sa pensée : «Les crises s’expliquent moins par la malignité des agents que par l’arri