Sur AFRICAMAAT

 

 

 

 

Commencée le 17 janvier 2012, la guerre d’occupation du nord du Mali s’est achevée le 06 avril 2012, avec la proclamation, par les assaillants, de l’indépendance de l’Azawad nom de baptême des régions conquises, riches en pétrole, or, uranium, etc.

Hypocritement condamnée par la prétendue communauté internationale, une poignée de nations décidées à dicter leur volonté au monde entier et en tête desquelles il y la France toujours coloniale, la partition du Mali, qui fait l’affaire de leurs industries, leur convient parfaitement.

Cinq groupes composent les assaillants, dont trois principaux : Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla), Ançar Dine et Al Quaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et deux de moindre importance : Mujao et Boko Hram.

Ce succès éclair a été le révélateur de la déliquescence de l’armée nationale forte de 22.000 hommes et femmes, tous corps confondus, incapable de contenir les attaques de bandes armées composées de quelques centaines de combattants.

Comment un pays habitué à des soulèvements armés récurrents depuis 1963, comment ce même pays, qui est dirigé, dix ans durant, par un Général 5 étoiles, a-t-il pu se contenter d’une armée aussi fragile ? Pour comprendre cette situation, il est utile de faire, avant tout, une petite incursion dans l’histoire, relativement récente, du Mali et de ses rapports aux Tuaregs.

1)- Petit rappel historique.

1-1)- Le projet avorté de la création d’un État pour les Tuaregs. Peu avant la distribution des indépendances aux pays sous son contrôle, la France avait décidé de créer une organisation dite Organisation Commune des Régions Sahariennes (Ocra) et de lui attribuer une partie du Sudan (l’actuel Mali), du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et de l’Algérie.

Ce nouveau découpage territorial avait pour objectif principal d’offrir un pays aux Tuaregs et aux Arabes. Bien qu’ayant avorté, peut-être du fait du refus déterminé des patriotes des pays visés, ce projet raciste, n’a pas été abandonné par ses bénéficiaires.

1-2)- La vraie nature de la lutte armée des Tuaregs.

Dans les années 80, un de leurs leaders n’hésite pas avouer dans les colonnes du Journal Jeune Afrique : « …nous sommes les seuls représentants de la race blanche encore dominés par les Noirs. » Il sait que son peuple bénéficie de la conscience de race pratiquée par tous les Blancs, ou presque, dès qu’une de leurs branches a besoin de leur solidarité agissante. Avait déjà été développé le mythe toujours actuel des « derniers hommes libres », « des hommes bleus » par référence à la couleur de leurs turbans, etc.

1-3-) Le premier soulèvement indépendantiste des Tuaregs.

En 1963, trois ans après l’accession du Mali à l’indépendance, les Tuaregs et leurs alliés arabes déclenchent leur première lutte d’indépendance.

Patriote convaincu, fraîchement sorti d’une colonisation sans pitié, Modibo Keïta, chef de l’État de l’époque, a déployé les moyens militaires nécessaires pour faire taire leur revendication inacceptable.

Par ailleurs, en reconnaissance à l’aide que le pays a apporté au Front National de Libération de l’Algérie (Fnla), Houari Boumedienne, le Président de l’Algérie devenue indépendante, n’a pas hésité à arrêter, à sa demande, et à lui livrer les leaders tuaregs réfugiés dans son pays.

1-4)- Le second soulèvement indépendantiste des Tuaregs.

Les Tuaregs ont mis vingt-sept (27) ans pour digérer la sévérité de la réaction de Modibo Keïta. Ils ont eu le temps et les moyens de s’organiser autour de deux mouvements : le Mouvement Patriotique de l’Azawad (Mpa) et le Front Islamique et Arabe de l’Azawad (Fiaa). Il est intéressant de noter qu’ils ont déjà rebaptisé l’ancien territoire de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (Ocrs) qu’ils convoitent.

Il n’est pas moins intéressant de noter que leur lutte d’indépendance ne vise que le Mali et le Niger, deux pays négro-africains ; l’Algérie et la Mauritanie ne sont pas concernées. Il en 1990, ils reprennent les armes contre le Mali alors dirigé par le Général Musa Traoré, sans doute convaincu que ce dernier n’a pas la dimension politique ni la détermination de son prédécesseur. Pour mettre fin au conflit, le Général Musa Traoré commet la grave erreur d’accepter, l’année suivante, d’exporter les négociations en terre étrangère, précisément à Tamanrasset, en Algérie.

Ce faisant, il reconnait, implicitement, à la fois la justesse de la lutte armée des Tuaregs et leur non appartenance à la nation malienne.

1-5)-Une succession de soulèvements.

La brèche ouverte par le Général Musa Traoré s’élargit rapidement avec l’apparition de deux nouveaux groupes armés : Le Front Populaire de Libération de l’Azawad (Fpla) et l’Alliance Révolutionnaire de Libération de l’Azawad (Arla).

Avec les deux premiers, ils forment les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad (Mfua), qui s’illustre en décembre 1991, après le renversement du régime de Mousa Traoré, par la prise en otage d’une dizaine de militaires dont un officier.

D’autres agressions suivront jusqu’en avril 1992 où intervient un cessez le feu, avec la signature d’un Pacte National, sous la transition assurée par Amadou Tumani Turé dit ATT. Le Pacte National fera l’objet de plusieurs violations dont seules les populations noires sont l’objet. Le laxisme du gouvernement obligera les populations noires à former des groupes d’autodéfense sous la bannière du Mouvement Patriotique Ganda Koy. Devant la détermination du Mouvement Patriotique Ganda Koy à rendre coup pour coup aux Tuaregs et devant ses nombreux succès, le gouvernement sort de sa léthargie et s’implique un peu plus dans la gestion militaire de la crise.

En 1996, le Pacte National revisité aboutit aux Cérémonies des Flammes de la Paix organisées par le successeur d’ATT, Alpha Oumar Konaré, avec les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad (Mfua). Le trait marquant de ce nouvel accord est la destruction de 3000 armes et l’incorporation, dans les différents corps en uniforme, de 1435 touaregs et arabes dont quelques leaders seront installés au sommet de la hiérarchie des États Majors de la Défense Nationale et de la Sécurité Intérieure.

2)- Le tournant.

Jusque là, et dans son ensemble, sous le contrôle de l’armée malienne, les régions du nord du Mali commencent à devenir une zone de non droit sous le régime d’ATT.

2-1)- En avril 2006, le Président libyen, feu Mouammar Kadhafi, profite de son passage au Mali, à l’occasion de la célébration du Maoulud, date anniversaire du prophète des musulmans, pour faire la déclaration suivante sur les antennes d’Africable :

« Le Grand Sahara a été, à travers l’histoire, une zone d’intégration et de fusion de peuples s’étendant du fleuve Sénégal jusqu’à la péninsule arabique, qui ont une seule origine arabe et qui se sont installés depuis plus de cinq mille (5000) ans. »

Cette sortie révisionniste, à l’évidence, n’a pas été démentie par les autorités maliennes qui semblent à court d’argument pour rappeler les trois réalités ci-dessous :

  Il y a cinq mille (5000) ans la race arabe n’existait pas. Ayant pour ancêtre Ismaïl ( de l’aveu même des Arabes) fils d’Abraham et de la Kamite (l’Égyptienne) Agar, né à Kamita (Égypte) durant le séjour du patriarche hébreu sous la 12ème dysnastie, c’est-à-dire vers 2000 ans avant J.C, le peuple arabe a tout au plus 4020 ans, soit 2000 + 2012+ une majoration forfaitaire de 8 ans.

  Lorsqu’ils ont décidé d’abandonner le nomadisme pour se fixer dans le nord du Mali, notamment, les Arabes y ont trouvé les Sonrhaïs, sédentarisés depuis la nuit des temps.

  Les villages, rues, cours d’eaux, la faune et la flore de l’espace auquel fait référence Mouammar Kadhafi ne portent aucun nom arabe ou tuareg ; mais plutôt des noms sonrhaïs ; ce qui témoigne de l’antériorité de ce peuple négro-africain.

Encouragés par le silence coupable des autorités maliennes, les sécessionnistes tuaregs et arabes, sous la conduite de deux officiers tuaregs déserteurs de l’armée malienne, Fagaga et Bahanga, reprennent les armes dès le mois suivant la déclaration pour voler aux premiers occupants les terres léguées par les Ancêtres de ces derniers. Deux mois plus tard, ATT accepte, à son tour, d’exporter le règlement du conflit à Alger.

Les accords signés à Alger par les Autorités maliennes et l’Alliance Démocratique du 23 mai 2006 pour le Changement qui représente les Tuaregs et les Arabes est le début d’un véritable abandon de souveraineté.

En effet, dans l’article trois du dit accord, le Ministre malien de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafuguna Koné, accède, avec l’accord d’ATT, à deux exigences insupportables des sécessionnistes ; à savoir :

  poursuite de la démilitarisation du nord du pays, déjà annoncée dans le Pacte National,

  création d’unités spéciales de sécurité composées essentiellement d’éléments nomades, donc de Tuaregs et d’Arabes.

2-2)- L’installation d’Aqmi et des narcotrafiquants.

La nature n’aimant pas le vide, Aqmi et les narcotrafiquants occupent le terrain et confortent rapidement leurs positions. Par les prises d’otages et le convoyage de drogues en provenance ou à destination de l’Europe, ils font plus parler d’eux que les indépendantistes tuaregs et arabes qui s’illustrent par quelques agressions.

L’armée malienne n’intervient pas sur ordre de sa h