Sur MEDELU

 

Par Christophe Ventura  |  31 janvier 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Depuis sept mois, Julian Assange vit reclus à l’intérieur de l’ambassade de l’Equateur à Londres. La figure emblématique de « l’organisation médiatique à but non lucratif » WikiLeaks, fondée en 2007 [1], a bénéficié de l’asile « diplomatique » [2] du pays andin que préside Rafael Correa.

Julian Assange séjourne – ou campe pour être plus précis – dans une petite pièce d’un appartement victorien d’une centaine de mètres carrés occupé par la représentation diplomatique équatorienne dans le quartier de Knightsbridge. A deux pas du luxueux grand magasins Harrods, fournisseur officiel de la famille royale... L’exposition naturelle de la pièce à la lumière du jour a été condamnée pour ne pas l’offrir à la surveillance permanente de la police et des services britanniques postés autour du bâtiment. C’est dans un espace confiné d’environ 15 mètres carrés qu’il nous a reçu à la faveur d’une rencontre organisée le 6 décembre 2012 avec le dirigeant du Front de gauche Jean–Luc Mélenchon.

Julian Assange ne peut mettre un pied hors les murs, sous peine de se voir immédiatement arrêté par les forces de l’ordre qui, mitraillette MP5 en bandoulière, stationnent jusque sur le pas de la porte d’entrée de l’appartement couvert par l’immunité diplomatique. Mais il peut néanmoins recevoir invités, journalistes, collaborateurs et « ambassadeurs » de WikiLeaks.

L’épreuve et l’enfermement ont visiblement forgé les traits du visage de ce jeune « quadra ». Pour certains, l’homme est devenu une icône ; pour d’autres, un personnage critiquable. Le cinéma vient même de s’en inspirer. Il semble en effet évoqué de manière troublante dans Skyfall, le dernier épisode en date de la saga James Bond. L’agent 007 y affronte Raoul Silva, cyber-terroriste machiavélique incarné par l’acteur Javier Bardem, et dont le visage rappelle celui du fondateur de WikiLeaks.

La pièce à vivre de