Sur MARIANNE

Journaliste à Mediapart et chroniqueur à « Marianne », Laurent Mauduit fait dans l’investigation qui dérange. Douze mises en examen en 2012, un palmarès éloquent qu’il aimerait partager avec ses confrères. Pour lui, trop de ses collègues se soumettent à des réseaux d’influence néfaste à la profession. C’est ce qu’il nous a expliqué, jeudi 14 février, en marge de notre Assemblée organisée à Nice sur le thème de « l’ argent et l’éthique ».

 

Laurent Mauduit lors du débat « Le monde de la finance est-il soluble dans la démocratie ? » - Andy Calascione (EDJ)
Laurent Mauduit lors du débat « Le monde de la finance est-il soluble dans la démocratie ? » - Andy Calascione (EDJ)
Les articles couvrant l'Assemblée de Marianne sont rédigés par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Nice (EDJ)


La guerre à l'« oligarchie médiatico-économique » est ouverte depuis longtemps pour Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart et chroniqueur à Marianne. Son cheval de bataille : alerter l’opinion publique sur le message unique délivré par les économistes «chouchous» des médias. Car pour lui, ils sont acteurs, mais aussi commentateurs de la crise. Proches des milieux financiers, ils persistent à dire que notre système est encore le meilleur. Les journalistes acquiescent et le peuple, lui, s’inquiète de leur légitimité. « Alain Minc a fait couler toutes les entreprises vers lesquelles il s’est approché », rappelle le journaliste. Mais qui sont les responsables ?

Si on détournait Coluche, on pourrait dire qu’il suffirait de ne pas les inviter pour ne plus les voir. Alors les médias sont en ligne de mire. Rachetés par des grands groupes financiers, ceux-ci les dominent et obtiennent leur soumission. « Qui se risquerait à attaquer Bernard Arnault ? », demande ainsi Laurent Mauduit. Et d’y répondre : « Investiguer sur ce type de personne est la certitude pour le média de connaitre de graves problèmes comme la suspension des publicités ». La presse a été abimée par ce système. Pour le journaliste de Mediapart, cette omniprésence des économistes « accrédités » n’est finalement que le reflet d’une corruption présente à tous les niveaux. « Les politiques vous font des faveurs », confie-t-il désabusé. Et naturellement des liens s