Sur le blog d'ANNE WOLFF

Vendredi 10 mai 2013

Jusqu’en 1998 il existait au Venezuela 331 émetteurs de radio privées et 11 émetteurs publics. Avec la « censure » appliquée par Chavez on peut écouter aujourd’hui 466 émetteurs privés, 82 publics et 243 communautaires.

En 1998 le pays comptait 40 canaux de télévision (32 privés et 8 publics), actuellement il existe 111 canaux (61 privés, 13 publics et 37 communautaires).

(traduction libre d’un commentaire lu sur Contrainjerencia)

Ajoutons que des stages de formation sont organisés pour que la population apprenne à faire sa propre radio et sa propre télévision, comme le fait René Balme en France qui a permis la création d’une télévision locale doublée d’une école de vidéo.

Si certains médias populaires disposent de leur propres locaux, d’autres peuvent consister en émetteurs hébergés par un particulier.  Depuis le déchaînement des groupes fascistes et autres agitateurs de l’opposition, de même que les centres de santé et d’alimentation (où les produits de bases se trouvent à prix coutant), les logements sociaux, les lieux qui hébergent ces émetteurs sont des cibles privilégiées des contre-révolutionnaires démontrant ainsi que cette partie de l’opposition, celle qui fait allégeance directe à Capriles (et donc à Washington) vise la destruction des avancées conquises et mises en œuvre par le peuple bolivarien du Venezuela.

L’impérialisme appelle aujourd’hui « atteinte à la liberté d’expression » toute forme d’expression qui s’oppose et dément ce que diffusent ses matrices d’opinions, sa propagande à vocation monopolistique. Est aussi qualifié ainsi toute mesure prise par un gouvernement qui consiste en une redistribution populaire du droit d’accès aux médias qui font sens. La liberté pour le peuple de faire circuler l’information, irrespectueuse des critères inquisitoriaux retenus pour la presse aux ordres.

De la même manière que nous devons nous interroger sur ce que veut dire « Protection de la propriété privée » quand quelques-uns ont mis en place des mécanismes économiques qui leur permettent l’accaparement de la planète comme leur territoire privé, nous devons  remettre en questions la notion de « Liberté d’expression » telle que nous l’impose la censure qui traque ou disqualifie a priori de diverses manières les opinions dissidentes. Dans le cadre de ce concept de « liberté d’expression » qui a le droit de s’exprimer ? Pour quoi dire ? Au service de quelle cause et dans quel but ?

Depuis les déchaînements de violence d’une certaine opposition qui ont suivi les élections, 18 attaques contre des centres de communications communautaires et populaires ont été enregistrées, alors que les médias privés font l’impasse du silence sur ces évènements. Rien de tout cela n’a eu lieu jamais. Dix morts chavistes et une centaine de blessés, les agressions qui se poursuivent ponctuelles mais régulières, tout cela n’existe pas. Et quand il a fallu démontrer la violence de la police bolivarienne envers l’opposition, c’est une célèbre photo de manifestante maltraitée par les forces de l’ordre … en Egypte qui a servi à illustrer « ce qu’ils (la police bolivarienne) font à nos gens ». Ce qui prouve que le comportement de la police bolivarienne a été irréprochable,  à la moindre minuscule bavure, l’opposition s’en serait saisie pour en faire un argument de stigmatisation de « la dictature »… étrangement : rien, aucune image, photo, vidéo ne vient illustrer ces allégations.

L’internationale fasciste est en ébullition an Amérique Latine, de Bogota à Lima en passant par Rosario (Argentine), elle multiplie contacts et pressions pour disqualifier le président légitime du Venezuela Nicolas Maduro et son gouvernement. Correa en Equateur, Morales en Bolivie, Cristina Kirchner en Argentine sont ces cibles privilégiées de cette tentative de déstabilisation. Santos et Humala sont soumis à pression, il leur faut rejoindre le camp de l’impérialisme. Des mouvements de troupes en Colombie ont lieu vers la frontière avec le Venezuela, mais ce n’est pas nouveau.

La volonté manifestée par la révolution bolivarienne de s’étendre aux autres peuples de la région est une menace pour les oligarchies locales et les maîtres internationaux dont elles servent les intérêts. L’actuel ministre de la défense de Colombie, Pinzon, résolument pro yankees, est rallié à cette thèse de menace expansionniste que présenterait le Venezuela Bolivarien. Cette vocation du Venezuela à faire tache d’huile est indéniable. Sa volonté de contribuer à l’émancipation des peuples de la région prenant en main leur propre destin, sur un territoire délivré de la colonisation et de l’occupation impérialiste est notoire.

 Mais il ne s’agit d’une menace qu’en tant que cette aspiration est celle des peuples concernés pour laquelle les processus bolivariens initiés au Venezuela servent de catalyseur et de mur de contention face aux forces belliqueuses de l’Empire. Jamais il ne fut question d’expansion militaire et colonialiste. Si Chavez avait eu ce genre d’influence dominatrice, jamais Cristina Kirchner n’aurait ouvert encore plus grand les portes de l’Argentine à Monsanto, comme elle vient de le faire. Il ne s’agit pas d’ingérence mais bien d’assistance réciproque et de complémentarité. Le pétrole du Venezuela contre médecine avec Cuba, échange de bons procédés, pour le bien des peuples de ces pays, en bonne complémentarité est l’antithèse du pétrole contre nourriture, sanction de la « communauté internationale » à l’Irak qui a couté la vie à 500 000 enfants et laissé combien d’autres avec les séquelles de la malnutrition. Mais dans le cas de l’Irak, il s’agissait effectivement de la manifestation d’une volonté d’expansion coloniale de l’Empire qui n’a que faire du bien-être de peuples, ni même de leur survie..

Nous assistons en ce moment à une guerre médiatique contre le peuple bolivarien du Venezuela. Cette guerre qui implique la destruction des médias populaires se double des préparatifs d’une agression militaire. En 2009, les USA ont installé deux nouvelles bases en Colombie à la frontière avec le Venezuela (sur 7), en 2011 a commencé un programme d’armement intensif de trois ans. La remilitarisation de l’Amérique Latine par les forces US et affidées est un vaste sujet. L’été passé ont été surprises des troupes d’opérations spéciales US qui s’entrainaient sur le territoire bolivien où elles étaient entrées avec un visa touristique. Un peu plus tôt lors de la tentative de coup d’état qui dans ce pays a suivi la destitution de Lugo, on a pu observer au Paraguay des mouvements de troupes en direction de la frontière avec le Bolivie (et il semblerait que de nouvelles concentrations s’y produisent en ce moment). Le scénario de golpe de juin 2012 en Bolivie était proche de celui qui a échoué dans sa première phase au Venezuela : provocation de manière à faire exploser la violence, celle de l’état, celle du peuple qui le soutient. Dans les deux cas c’est la fermeté du gouvernement et la discipline populaire. qui ont fait échouer la tentative. Un échec et une désillusion pour un empire qui pense que l’agression et la loi du plus fort sont les règles dominantes des comportements humains. Morales appelant l’armée à ne sortir sous aucun prétexte, alors qu’une partie de la police manifestait porteuse d’armes lourdes… une tension terrible, il suffisait d’une étincelle pour mettre le pays à feu et à sang. Maduro, déclarant que la violence d’une partie de l’opposition ne l’empêcherait pas de travailler ni de gouverner sereinement le pays. Deux batailles gagnées dans une guerre qui ne fait que commencer.

La Colombie est également le seul pays d’Amérique Latine qui fut récemment convoqué à une réunion de l’OTAN à laquelle participaient 138 pays du monde. Des commandants de brigades militaires qui ont participé aux guerres d’Irak et Afghanistan ont été envoyés à la frontière du Venezuela. De même il existe une forte collaboration militaire entre la Colombie et Israël. Et nous voici dans la spirale infernale, de l’armement et de la désinformation. Quand Chavez, militaire de talent, pas tombé de la dernière pluie prend connaissance de ce déploiement militaire à la frontière, il décide d’investir des fonds suffisants pour créer une force de dissuasion, autant de moyens soustraient au bien-être du peuple. Ici on nous parle alors de Chavez qui menace la Colombie sans reprendre la première partie de l’histoire, les menaces que posent pour le Venezuela la forte présence militaire à sa frontière, alors que Panneta en 2012 présente un programme d’opérations militaires conjointes  « contre un voisin hostile ».

Une frontière à la croisée de deux mondes. La Colombie livrée aux pillages de ses richesses et l’exploitation de ses terres par les transnationales, avec entre autres conséquences 6 millions de personnes « déplacées » le plus souvent par la violence, et d’autres mises en esclavages par des entreprises étrangères, alors que le terrorisme d’état fait rage pour détruire toute dissidence, mais qui représente pour le gendarme du monde, comme vient encore de le réitérer Obama, l’exemple du développement démocratique en Amérique Latine. La Colombie dont j’apprends chaque jour que d’autres résistants ont été assassinés ou emprisonnés, d’autres paysans emmenés de nuit dans des cars par des paramilitaires en armes qui détruisent leurs maisons pour empêcher leur retour. D’autres faux-positifs assassinés pour remplir les quotas exigés. Là où on voit en action cette fusion des forces de l’Ordre, armée US, armées et forces de l’ordres nationales, troupes mercenaires et paramilitaires qui toutes conjointement ne servent plus d’autre ordre que celui des transnationales accapareuses du monde.

De l’autre côté de la frontière, Venezuela à la tête d’un mouvement de souveraineté nationale et régionale, de coopération plutôt que de concurrence, de partage des savoirs et des re