Sur les INROCKS

11/05/2013 | 15h30
La stèle installée le 24 avril dernier sur le site de Florange par le syndicat FO d’ArcelorMittal. Elle a été retirée le lendemain. (REUTERS/Vincent Kessler)

Dans un essai au vitriol sur les mesures phare de la politique économique et sociale de François Hollande, le journaliste de Mediapart Laurent Mauduit dénonce les égarements de la gauche au pouvoir.

Votre diagnostic critique d’un an de hollandisme au pouvoir, L’Etrange Capitulation, fait un clin d’oeil au texte de l’historien Marc Bloch, L’Etrange Défaite, écrit après la débâcle de 1940. Comparer la France de 2013 à celle de juin 1940, n’est-ce pas une provocation excessive ?
Laurent Mauduit – Non, ce n’est surtout pas une provocation… Je sais que le mot “capitulation” est violent et j’ai d’abord hésité à l’employer car avec ce livre j’ai voulu contribuer à ouvrir le débat à gauche et non pas à le fermer. Mais je pense que la résonance avec Marc Bloch est éclairante. Pour l’historien, la débâcle de juin 1940 est moins une victoire allemande qu’une défaite de la France sur elle-même. Une défaite parce que les élites du pays étaient déjà du côté des vainqueurs avant même le combat. Eh bien, je trouve qu’il en va un peu de même aujourd’hui : les dirigeants socialistes ont rendu les armes le jour-même où ils ont accédé au pouvoir.

S’agit-il d’une crise des élites françaises dans leur ensemble ou d’un défaut personnel de François Hollande ?
En politique, il faut toujours espérer des hommes le meilleur. Dans le contexte de la crise économique historique, François Hollande était face