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 Kokopelli, une petite association française de conservation, de vente et de diffusion de semences anciennes et modernes, vient d’être reléguée par la Cour de Justice de l’Union Européenne au rang de pirate de semences. Kokopelli devient hors la loi.

kokopelli

 L’association Kokopelli

kokopelliLe nom de Kokopelli fait référence au petit joueur de flûte bossu, symbole de fertilité dans d’anciennes croyances amérindiennes.

L’association Kokopelli, installée à Alès dans le Gard, milite pour « la Libération de la Semence et de l’Humus et la Protection de la Biodiversité alimentaire. »

Elle conserve plus de 2700 variétés paysannes reproductibles. Ses adhérents deviennent parrains de semences et les sauvegardent pour Kokopelli. A la manière des anciens, ils ressèment leur variété d’année en année.

Kokopelli s’engage aussi à distribuer gratuitement des semences reproductibles aux paysans du Tiers-monde (Afrique, Amérique du sud, Asie, Europe de l’Est, etc.) pour qu’ils retrouvent une autonomie alimentaire.

 

 

Catalogue officiel des espèces et variétés potagères

kokopelliDans les années 30, le nom d’une variété pouvait porter un nom différent selon les régions. En 1932 pour faciliter la circulation des semences et donner une garantie d’authenticité, les variétés sont classifiées dans le Catalogue officiel des espèces et variétés.  Le but étant de commercialiser des semences saines, loyales et marchandes. Les objectifs de sélection sont le rendement, les facteurs de régularité du rendement, la qualité des produits, la résistance aux parasites et aux agresseurs.

Le Catalogue Officiel élimine rapidement les variétés peu diffusées. La plupart des variétés cultivées en France deviennent alors illégales. L’État a désormais la main mise sur le vivant. Son catalogue officiel liste les variétés qui entrent dans le domaine public.

Au fil du temps la liste se réduit. Les grands semenciers imposent des critères obligatoires pour qu’une variété soit homologuée. Les variétés doivent être distinctes, stables et homogènes.

Les gestionnaires du catalogue privilégient les variétés dites hybrides non reproductibles et détenues par les grands semenciers. Tous les ans, l’agriculteur doit payer pour ressemer.

En 1997, la France impose une annexe pour les variétés anciennes destinées aux jardiniers et amateurs. L’objectif est de contrer la prolifération des militants de semences anciennes et de protéger les grands semenciers. Toute semence qui n’est pas inscrite au catalogue officiel est interdite à la vente. L’échange entre paysans est aussi considéré comme illicite. Le ministère de l’Agriculture assimile cette pratique à des ventes dissimulées.

Pour être homologuées, les variétés doiv