Alors que l’Allemagne se couvre d’éoliennes, les Français cherchent à capter l’énergie des courants grâce à des turbines sous-marines,rapporte ce journaliste allemand. La Bretagne est en pointe sur ce secteur prometteur.
  • 18 juillet 2013
12/10/2012 – L'hydrolienne “l'Arcouest” au large de Paimpol.
12/10/2012 – L'hydrolienne “l'Arcouest” au large de Paimpol. EDF / Rémi Artiges

Généralement, les Bretons ne portent pas les Parisiens dans leur cœur.

Ils se sont déjà opposés avec un tel entêtement à certains projets du gouvernement qu’ils en ont fait capoter plusieurs – notamment dans le domaine de l’énergie : là-dessus, ils ne s’en laissent pas conter.

Pas étonnant donc que, sur les 58 centrales nucléaires de France, aucune ne soit implantée en Bretagne. Enfin, aucune sauf celle Brennilis, qui possède un minuscule réacteur expérimental et une puissance dérisoire de quelque 70 mégawatts.

Mais le réacteur de Brennilis est à l’arrêt depuis déjà un quart de siècle. Et, en 1980, les Bretons ont empêché la construction dans le village de Plogoff d’un réacteur plus grand, avec combats de rue et barricades contre l’important déploiement de forces de police. Même les parachutistes appelés en renfort ne sont pas parvenus à imposer la volonté de l’Etat. Une révolte antinucléaire au royaume du nucléaire, comme nulle part hors des frontières bretonnes. Aujourd’hui, la Bretagne est le théâtre d’une nouvelle révolution énergétique.

Et, bien que le groupe nucléaire français Electricité de France soit encore au cœur de l’affaire, cette fois-ci, les Bretons, d’ordinaire si récalcitrants, sont partants. Aussi un petit miracle est-il en train de se produire : EDF construit une centrale électrique en Bretagne. Mais une centrale que personne ne verra ni n’entendra – la première centrale sous-marine au monde, en pleine mer. Cette centrale ne fonctionnera que grâce aux courants des marées.

On doit ce miracle à Vincent Denby-Wilkes, un vieux de la vieille dans le paysage énergétique français, qui dirige les affaires d’EDF en Bretagne. Il est venu à bout des résistances de la population avec des méthodes parfaitement civiles, reposant sur la participation citoyenne.

 

 Petite merveille. Depuis plus de deux ans, il consacre deux journées de sa semaine de travail à faire la promotion du projet auprès des habitants de la région. L’endroit où la centrale sera immergée n’a pas été choisi par EDF, mais par les pêcheurs du coin : ils se sont décidés pour une zone de protection des homards et des crustacés à l’intérieur de laquelle, de toute façon, les bateaux de pêche ne pénètrent pas.