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Quelques réflexions sur « la gauche » et le Front de gauche

  

Pour ma génération - je n’avais pas deux ans le 10 mai 1981 - l’union de la gauche n’est même pas un lointain souvenir, c’est de l’histoire contemporaine. La question de savoir s’il faut en finir avec cette stratégie passée paraît relativement surannée[1]. Malgré tout, les réponses à cette question sont intéressantes et utiles dans la situation à laquelle nous sommes confrontés. Utiles car poser la question des alliances, c’est réfléchir à la nature des organisations qui forment la gauche, à commencer par la principale d’entre elles. C’est aussi poser celle des responsabilités du Front de gauche, premier chantier d’une nécessaire reconstruction de la gauche.

  

Quelle est la nature du Parti Socialiste ?

 

Une des questions clés pour définir une orientation et une stratégie est de cerner la nature du parti qui domine la gauche depuis 40 ans et gouverne aujourd’hui. Elle n’est pas simple, mais incontournable pour qui veut construire un rassemblement majoritaire porteur d’une alternative.

 

On peut résoudre le problème en réduisant le PS à la nature de la politique gouvernementale. « Le gouvernement mène une politique de droite, le PS qui le soutient n’est donc plus de gauche, et la gauche c’est nous ! » : le syllogisme tient la route et sonne juste à l’oreille des convaincus, mais il ne résout rien de la complexité de la situation réelle. Pire, il risque de réduire notre espace politique aux marges de la gauche et notre activité à une propagande généraliste dont on espère très fort que les masses vont s’en emparer. La question de la nature du PS mérite d’être posé dans toute sa dimension contradictoire.

 

Pour tout ce qui touche au centre de la bataille politique - l’affrontement entre le capital et le travail - le gouvernement cède systématiquement aux exigences patronales, quand il ne les devance pas. Les exemples sont nombreux - en à peine plus d’un an ! - mais la transposition en loi de l