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Le 10 novembre 2013

Jacques Sapir
Economiste.

Entretien réalisé par Altana Otovic.

 

Le 13 janvier 2012, l’agence de notation Standard and Poor’s retirait à la France son triple A. Ce vendredi 8 novembre, voilà qu’elle dégrade notre note : nous passons du AA+ au AA. Quelles en seront les conséquences sur notre pays ?

La première conséquence sera un accroissement des taux que le gouvernement ainsi qu’un certain nombre d’entreprises privées vont payer quand il leur faudra emprunter. Mais la conséquence la plus directe d’une dégradation de note, c’est progressivement l’extension de cette situation. Un certain nombre d’entreprises publiques seront probablement dégradées dans les semaines à venir, ce qui accroîtra leur difficulté à se financer.

Pierre Moscovici a déploré les jugements de Standard and Poor’s, qu’il a qualifiés de « critiques et inexacts »

Il est assez normal que le ministre des Finances proteste contre l’abaissement de la note de son pays par une agence de notation. Sans vouloir faire de la publicité à ces dernières, il faut quand même souligner que cet abaissement survient finalement assez tard (quasiment deux ans après le premier, sous Nicolas Sarkozy, le 13 janvier 2012) et que, d’une certaine manière, la logique économique aurait voulu que la note de la France soit abaissée à nouveau, à la fin de l’année dernière ou au début de cette année. Partant de ce principe, il n’y a dans cette dégradation rien de véritablement scandaleux. Évidemment, l’on peut toujours se demander si c’est aux agences de notation et au secteur privé de noter la dette des États souverains. C’est un véritable problème. Sauf que, dans la mesure où nous faisons commerce de ces dettes et où il existe un marché de ces dernières, il faut évidemment s’attendre à des notations sur ce même marché. On ne peut pas avoir à la fois le beurre du libéralisme et l’argent du beurre du refus de ces principes de notation.

Standard and Poor’s dit que cette notation n’affectera pas les banques françaises pour l’instant. Il semblerait donc que le gouvernement soit le seul visé par cette dégradation.

Elles ne vont pas être affectées « pour l’instant ». C’est parfaitem