Samedi 14 décembre 2013  

8 décembre 2013.

Deux ans après l’attaque confuse de l’OTAN contre l’Etat libyen qui a mis un terme à la vie de milliers de personnes (pour les libérer de Kadhafi !), qui a détruit une bonne partie du pays et a mis fin à la Libye en tant qu’Etat, on découvre enfin les contre-vérités débitées par les ennemis étrangers du pays. (1)

Quelles étaient les vraies raisons derrière l’assassinat de Khadafi ?

Quel rôle a-t-il joué Israel ?

Et enfin, qu’est-il arrivé au pétrole libyen ?

 

 

Obama et Cameron, dans leur propagande de guerre, ont accusé Kadhafi de commettre un « génocide » (2) contre son peuple. Terme choisi minutieusement et qui a permis à l’OTANd’intervenir en Libye en mettant en application la doctrine des œufs d’or de la Responsabilité de Protéger (R2P) de l’ONU (qui n’a pas été utilisée pour la population de Gaza ou duBahreïn !).

Il importait peu que même Robert Gates, secrétaire à la Défense des Etats-Unis, ait confessé qu’ils n’avaient pas pu confirmer un tel acte. De plus ils ont exagéré sur la « mort de dizaines de milliers de civils », tandis qu’Amnesty International démentait des personnages tels que le procureur général de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, qui prétendait que des femmes libyennes étaient violées par des soldats qui avaient pris soin de mettre du viagra dans leurs poches auparavant.

L’OTAN est donc partie sauver le peuple libyen, pendant que leurs bateaux laissaient mourir en haute mer ceux qui fuyaient la guerre, dénonçait The Guardian.

Le comble de l’hypocrisie a été d’accueillir l’ancien chef des services secrets de Kadhafi et Abdul Jalil, le ministre de la Justice du régime, qui, au lieu d’être envoyés devant la Cour pénale internationale pour avoir été membre de la dictature, ont été invités à collaborer avec l’alliance militaire. Que le drapeau noir d’Al-Qaïda soit hissé sur le palais de justice de Benghazi après avoir assassiné Kadhafi et que Jalil soit désigné par l’Occident comme chef de l’Etat libyen durant la transition vers la « démocratie » ont été le summum de ce sans-gêne éhonté !

Les Etats-Unis, leurs alliés européens et Israël, en appliquant leur politique de « limite des dégâts » avaient déjà canalisé les révoltes spontanées en Egypte et en Tunisie, ils les avaient également contenues en Irak, au Yémen, en Arabie saoudite et au Bahreïn, et maintenant en Libye ils enlèvent la feuille de vigne, exhibant toute leur puissance.

Renverser un allié

La Libye, le pays du peuple millénaire Libou, habité par une centaine de tribus arabes et berbères, de religion musulmane sunnite, a tenté un tournant radical dans sa politique à la fin de la guerre froide. Mouammar Kadhafi, un dictateur et un anticommuniste, a commencé à se rapprocher de l’Occident : en 2002, il a payé quelques 2.940 millions d’euros aux victimes de Lockerbie (tout en niant son implication dans l’attentat) et a accepté « la légalité internationale, bien qu’elle soit faussée et imposée par les Etats-Unis ».

Le nom de son pays faisait partie de la liste de l’Axe du Mal et de l’attaque dévastatrice anglo-américaine envers l’Irak en 2003, jusqu’à la pédagogie de la terreur. Il a accepté de se désarmer – sous la pression d’Israël, pays détenteur d’armes nucléaires, biologiques et chimiques – pour finir par acheter des armes aux même pays qui bombarderont quelques années plus tard son pays sans défense. [Il se passe la même chose avec la Syrie.

Aucun dictateur n’est totalement dépourvu d’intelligence, sinon il ne serait pas dictateur.] Entre 2005 et 2009, l’Europe lui a vendu pour 834,54 millions d’euros d’armes. Il a collaboré avec la « guerre contre le terrorisme » de la CIA qui remplissait ses prisons avec des personnes n’ayant aucuns droits à se défendre.

Les banques occidentales, qui déroulaient le tapis rouge lorsqu’ils le recevaient, faisaient leur beurre avec les dépôts libyens. Le comble, c’est que le leader de la République « socialiste » libyenne a financé le candidat d’extrême droite Nicolas Sarkozy.

C’est certain, nous nous trouvons là face à un personnage complexe comme on en trouve, malheureusement pour les analystes manichéens, en abondance dans le Sud.

Des dictateurs autoritaires ou totalitaires et nationalistes que l’on rencontre en dehors de l’orbite des Etats-Unis, mais qui partagent leur couche avec d’autres impérialistes : le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la France.

Toutefois, les Etats-Unis ont décidé de le tuer (souvenez-vous du « Venividivinci » d’Hillary Clinton), car :

1. L’Occident était plus intimidé par un Kadhafi capable d’utiliser le « pouvoir doux » que par un Kadhafi « fou ».

2. Ils souhaitaient écraser le futur Printemps libyen, avant que la situation ne se complique, comme ça a été le cas en Egypte. En Libye, les Etats-Unis ne disposaient d’aucune influence sur l’armée et ne pouvaient donc pas recourir à un coup d’Etat.

3. Kadhafi n’était pas une marionnette. En outre, son caractère imprévisible provoquait l’insécurité quant à ses plans militaires et économiques en Afrique. Selon Marco Rubio, sénateur républicain aux USA, « l’intérêt national demande l’éviction de Kadhafi du pouvoir ».Il avait bloqué toutes les chances des Etats-Unis en Libye.

Les sociétés Bechtel (géant de l’ingénierie) et Caterpillar (fabricant de matériel de construction) avaient été exclues en faveur de sociétés russes, chinoises et allemandes.En septembre 2011 déjà, l’ambassadeur des Etats-Unis, Gene Cretz, annonçait qu’une centaine de sociétés américaines avaient l’intention de profiter de la disparition de Kadhafi pour faire des affaires en Libye.

De plus, le secrétaire à la Défense britannique, Philip Hammond, peu après l’assassinat du dirigeant africain, a invité les entrepreneurs à aller recons