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07/02/2014

CNRS : trois suicides récents inquiètent la CGT (I)

Le 7 février 2014, le Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS-CGT) vient de diffuser un communiqué intitulé « SOUFFRANCE AU TRAVAIL AU CNRS : Sommes-nous au début d’une vague de suicide ? » s'inquiétant de « la survenue, pour le seul mois de janvier 2014, de trois suicides de personnels travaillant dans des laboratoires et l’administration du CNRS (Rennes, Annecy, Meudon) ». Nous avons évoqué récemment la situation de plus en plus préoccupante du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et d'autres organismes publics de recherche dans nos articles « CNRS et crise des hiérarchies scientifiques (I) », « CNRS, IRSTEA, INSERM... la crise s'aggrave (I) » et « La fin des organismes de recherche (CNRS, INSERM...) ? (I) ». C'est dans ce contexte, que le communiqué du SNTRS-CGT souligne la montée d'alertes au contenu sans ambiguïté : « arrêts de maladie, dépressions, augmentation des cas de souffrance et de harcèlements au travail déclarés auprès des DRH, de la médiatrice du CNRS et auprès du SNTRS-CGT », et qu'il dénonce « la souffrance au travail qui se manifeste dans les laboratoires et les services » ou encore « le poids de la hiérarchie et des outils de contrôle, la pression pour la réalisation d’objectifs, la course aux publications et à l’obtention de contrats... ». Nous avons analysé à plusieurs reprises sur ce blog des dérives institutionnelles qui ne cessent de s'aggraver et qui nous semblent nécessiter une révision profonde de la politique imposée progressivement aux organismes de recherche depuis trois décennies : montée de hiérarchies et coupoles administratives au détriment du travail créateur, suprématie croissante du « management », du « relationnel » et du lobbying sur la véritable activité scientifique, blocage récurrent des initiatives originales individuelles ou émanant de « petits groupes », absence d'un réel contrôl