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Crise : l’UE à l’épreuve de la "stratégie du choc"

 

 

Qu’y a-t-il de commun entre le Chili de Pinochet, la Russie d’Eltsine, les USA de George Bush, l’Afrique du Sud de Mandela, l’Irak post-Saddam Hussein, la Chine de Deng Xiaoping, la Pologne de Lech Walesa, l’Indonésie de Suharto, l’Argentine de Videla ?...
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tous ont subi la « stratégie du choc », une politique ultralibérale dévastatrice menée après une situation de crise économique, politique ou environnementale, ou après une guerre comme le rappelle le nom donné à la campagne de bombardements intensifs américains sur l’Irak en avril 2003 : Shock and Awe (choc et effroi). Il s’agit ni plus ni moins que d’appliquer à grande échelle les techniques de torture mentale et de privation sensorielle employées par la CIA afin de contrôler la volonté, les facultés de compréhension et les perceptions de l’adversaire pour in fine le priver de toute capacité à agir et réagir. Sans points de repères, littéralement en état de choc, les populations victimes de ce traitement se sont vues spoliées de leurs biens publics (éducation, santé, retraites) et de leurs libertés par l’oligarchie et ses élites sans même pouvoir et vouloir se défendre. L’Europe de l’Ouest a été relativement épargnée par ce scénario cauchemardesque… jusqu’à la crise des subprimes de 2007-2008.

 

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Bienvenue en Grèce,  laboratoire européen du « capitalisme du désastre » où sont testées les limites de la résistance humaine : un taux de chômage (officiel) à 28 %, un tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté, plus d’un tiers sans couverture maladie, des services publics en déliquescence laminés par des cures d’austérité draconiennes, un patrimoine public (sites archéologiques, îles, forêts, aéroports, compagnie de gaz ou d’électricité, …) bradé pour une bouchée de pain à des sociétés privées… et une population à bout se souffle, devenue incapable de se défendre. La raison de cette capitulation ? le traumatisme provoqué par la violence de la crise imposée au peuple grec par l’oligarchie, sapant toute velléité de résistance à la destruction systématique de la sphère publique : « Attendre une crise de grande envergure, puis, pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l’État morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les « réformes » à