9300€ pour griller la liste d’attente à l’hôpital

Par | on 24/03/2014 | 0 Comment

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LE CHIFFRE DU JOUR: 9300 euros. C’est la somme versée par une sexagénaire à un hôpital catalan pour éviter la longue liste d’attente qui retardait son opération. L’illustration d’un système de santé espagnol à double vitesse qui se généralise.

C’est une histoire assez ahurissante que relate aujourd’hui la presse espagnole. Celle d’une femme, Isabel Navarro, qui s’est acquittée d’une facture de 9300 euros pour passer outre le long délai d’attente qui l’éloignait de son opération à la hanche. Une intervention pourtant réalisée dans un hôpital public.

 

 

Vous êtes pressés? Payez!

Son cas n’est semble-t-il pas isolé. En Catalogne, sur les quelques 60 hôpitaux financés presque intégralement par la Generalitat (des fonds publics, donc), plus de 50 ont opté pour la mise en place d’un double parcours, privé-public, au sein de leur établissement. Objectif: renflouer leurs caisses vidées par les coupes budgétaires publiques. 

C’est le cas de l’hôpital du Vendrell, dans la province de Tarragone. Pour certaines opérations, telles que l’implantation d’une prothèse de hanche, l’attente dépasse largement le délai maximum officiel de 6 mois. Mais il y a une solution: passer, moyennant finance, par le parcours « privé ».

Mêmes équipes -médecins, infirmiers-, mêmes locaux, seuls les tarifs diffèrent. Isabel Navarro a ainsi déboursé plus de 9000 euros (dont 3000 euros d’honoraires et 2800 euros pour la prothèse) pour mettre fin, sans plus de délai, à des souffrances qui devenaient insupportables.

 

 

« Je n’en pouvais plus »

Je n’en pouvais plus, parfois, je n’étais pas capable de sortir de mon lit, alors que j’ai toujours été très active: j’aime marcher, faire du vélo…. »,

raconte la sexagénaire au quotidien El País. Dans le même temps, les délais donnés par l’hôpital public s’allongent: « Au début ils nous ont dit que la liste d’attente était d’un an, puis, de 14 mois. Chaque fois la date de l’opération s’éloignait davantage… » rapporte sa fille. C’est elle qui a contacté l’établissement de santé, pour voir s’il était possible, comme elle l’avait entendu dire, de passer outre ces délais en payant.

Ils nous ont donné un bud