Sur le blog de PAUL HARAM

LA "RESISTANCE" NOUVELLE GENERATION

 

J'ai interviewé un type que l'on pouvait croire pas comme les autres il y a encore quelques années mais qui fait désormais bel et bien partie de cette majorité bâillonnée et contrôlée dont on entend peu parler sauf pour la discréditer : un souverainiste ! (chut !)

Il y a à peine dix ans, « ces-gens-là » étaient regardés comme des extraterrestres par les élites. Aujourd'hui, vu que ces extraterrestres ont eu le temps de se reproduire à grande vitesse, ces mêmes élites, ayant pris peur, ont diffusé de nouveaux termes pour les identifier plus facilement. Ils utilisent alors le concept de « néo-con » et ont aussi démocratisé des termes tout en les raccourcissant afin qu'ils puissent être contenus dans un seul et simple tweet (#saleréac'). Comme quoi finalement les bobos soixante-huitards, en plus de recycler les déchets (ce qui est, ma foi, très bien), recyclent aussi leur bêtise : ce n'est plus « fasciste » que l'on utilise comme pour désigner le « nazi » de de Gaulle mais c'est « réac » et « néo-con » (pour vous mettre régulièrement à la page je vous conseille une lecture régulière du Nouvel Observateur et de Libération).

Mais depuis les dernières élections européennes, ils sont passés à un stade supérieur ! Tellement que ces extraterrestres inquiètent de par leur nombre toujours croissant, ils se sont dit que ça ne suffisait pas de les identifier afin de les contrôler : il faut donc les soigner. Ces extraterrestres sont donc désormais des « europhobes ».

Je me suis posé la question de savoir si ce nouveau terme scientifique allait au moins permettre de créer des nouveaux emplois d'avenir dans les hôpitaux psychiatriques pour les étudiants en médecine qui veulent consacrer leur carrière à soigner cette nouvelle pathologie...

Bref ! Retournons dans le vif du sujet ! J'ai donc interviewé un extraterrestre qui n'en est plus vraiment un et qui se définit plutôt comme « résistant ». Vincent Beroff a 34 ans, vit dans la Drôme dans un petit village, il est marié et père de trois petits bambins. Il a grandi dans un milieu « plutôt aisé » en région parisienne et travaille désormais comme aide-psychologique. Il milite à l'Union Populaire Républicaine (UPR), parti gaulliste et souverainiste dont j'en ai très peu entendu parler.

PH : Comment se manifeste ton amour pour la France et qu'est-ce qu'est pour toi être patriote ?

VB : À la base, je me sens un peu dans une situation particulière avec mon nom de famille d'origine étrangère. Mais au final, j'ai toujours grandi dans la culture française. Donc je me sens bien français. Ensuite, c'est vrai que mes parents et grands-parents m'ont plutôt transmis une certaine idée de la France et même un grand amour pour la France.

PH : Quel amour ?

VB : Une certaine fierté d'être français. J'aime beaucoup l'histoire de France même s'il y a des passages qui ne me rendent pas fier.

PH : Comme lesquels ?

VB : Des passages où effectivement il y avait trop d'inégalités en France mais aussi moins de liberté et beaucoup de pauvreté. Des périodes où les français étaient moins respectés. Par ailleurs je pense qu'il y a des valeurs qui ont toujours été présentes dans la société française.

PH : Comme quelles valeurs ?

VB : Des valeurs autour de la liberté. N'oublions pas que le mot « franc » veut dire « libre ». Donc la liberté fait partie des gênes des français. Il y a aussi des valeurs découlant de l'héritage chrétien, comme s'occuper des pauvres, qui moi me conviennent car je suis chrétien. Le Roi Saint-Louis avait aussi créé des instituts de commun profit et des services publics comme les hospices. La famille est aussi une chère valeur pour moi.

PH : Comment se fait-il que par exemple Fillon ou Guaino qui se réclament du gaullisme mais aussi Chevènement prennent part à la construction de l'UE ? Car par exemple Chevènement s'est allié avec le PS en 2012 quant à Guaino et Fillon on connaît leur part de responsabilité à l'époque du sarkozysme...

VB : Des vrais gaullistes il n'y en a pas beaucoup. François Asselineau (dirigeant de l'UPR) parle beaucoup de De Gaulle. Il le cite beaucoup et y fait beaucoup référence. A partir de là, j'ai compris en quoi la construction européenne était dès le début une entreprise des Etats-Unis. C'est pour ça que de Gaulle s'y est opposé dès le début. C'est lui qui voyait le plus clairement car il a vécu la deuxième guerre mondiale. Il voyait clairement comment les États-Unis avaient pour but de soumettre la France et l'Europe plus largement. Et le problème est qu'il y a eu un tel matraquage médiatique que tout a été fait pour nous faire rêver de cette construction européenne. Et même du point de vue de l'Église on nous en a fait rêver car Schuman aujourd'hui a son procès de béatification en cours...

PH : En gros, c'est soit l'Union Européenne soit la guerre, non ? C'est-à-dire que ça a été du chantage dès le départ. C'est soit l'Union Européenne soit la guerre et s'il n'y a pas d'Union Européenne c'est la guerre. Et finalement, est ce que cette idéologie shumanienne n'est pas rentrée dans les cerveaux en nous rabâchant que grâce à l'Europe on a la paix et que si, par théorie des contraires, on se retire de l'Union Européenne, c'est la guerre ?

VB : Oui, les jeunes générations ont tellement été bercées par tout ça que c'est trop dur pour eux d'oser dire l'inverse. Pour moi, c'est clairement de la propagande dès le début. Alors c'est vrai que l'Union a eu des points positifs, il ne faut pas exagérer ! Par exemple, nous réconcilier entre allemands et français. Mais pour moi, c'est ça qui est difficile : c'est qu'il y a des bonnes choses : par exemple l'idée de coopération, l'idée de solidarité sont bonnes en soit. Le problème c'est que dès le début, cette solidarité, cette envie d'ouverture, de réconciliation, on y a accoler un versant libéral économique.

PH : Aussi, ce que les gens rejettent en masse est que l'UE a une capacité par les normes qu'elle sécrète (directives, règlements,...) de changer tout un pan de notre règlementation interne...

VB : C'est ça. En fait, c'est un cheval de Troie. C'est pour ça qu'au début il y a beaucoup de gens qui ouvrent les yeux que maintenant et qui se disent que c'est bizarre car l'idée d'union est belle mais aujourd'hui ca a viré dans un coté dictatorial, libéral, etc...

PH : C'est-à-dire dictatorial ?

VB : Le fait que les trois quarts de notre réglementation interne est choisie par la commission européenne et que notre droit est simplement une transposition de ce qui a été choisi par la commission européenne. Ça veut dire que sur les trois quarts de notre droit interne on a pas notre liberté. C'est aussi au niveau des référendums ! Depuis le référendum de 2005 où on a dit « non » à la constitution européenne, c'est quand même passé par un vote du parlement français avec le traité de Lisbonne, par Sarkozy notamment, et maintenant les dirigeants européens n'osent plus faire de référendums car en Irlande il y a eu des problèmes, au Danemark aussi et maintenant ça leur fait peur ! Ils font tout pour éviter les référendums ! Ça montre bien que la démocratie gêne les dirigeants européens !

PH : Alors justement, depuis les élections européennes avec les 25% du FN, tous les dirigeants politiques, les journalistes, etc... ont paniqué et ont alors diffusé le terme d' « europhobie ». D'ailleurs, ce terme d'europhobie a été commenté par Finkielkraut il y a une semaine dans l'émission « l'esprit de l'escalier » sur la radio de la communauté juive ainsi que par Marc Cohen dans le Causeur de juin (« je suis europhobe, mais on me soigne »). Cette diffusion de ce terme pour verrouiller le débat démocratique vous fait-elle peur ? Car ce terme fait qu'on sera mal vu dès qu'on critique l'Union Européenne puisqu'il ressemble à « xénophobie » par exemple...

VB : Oui, c'est ça le problème ! À l'origine, on pourrait dire que le terme est vrai... enfin oui et non... je m'explique : « phobie » en grec ça veut dire « peur ». Donc on peut dire « europhobie » pour les gens qui ont peur de l'Europe, ce qui est vrai car l'Union Européenne telle qu'elle est fait peur. Et moi, de fait, ça me fait peur aussi car c'est devenu une machine qui ne respecte plus la démocratie, qui nous asservit, qui va bientôt éliminer les pays en allant vers une Europe fédérale et donc tout ça, si on y rajoute l'élimination progressive de la règlementation sociale et l'austérité, oui, ça me fait peur ! Donc à l'origine, pourquoi pas ! Sauf que le mot « phobie », dans le jargon médical, quand on a une « phobie », ça veut dire qu'on a une peur irraisonnée.

PH : Ça veut donc dire qu'on doit vous soigner ?

VB : Voilà ! Du coup, on peut dire que la peur est vraie mais vu qu'en terme médical c'est une peur irrationnelle dont il faut guérir, bien du coup ça a une connotation très négative, et donc ça rabaisse ! Et puis, comme vous dites, ça fait aussi penser à « xénophobie », « islamophobie » ou d'autres mots qu'on invente. Ca va alors se traduire en haine de l'autre, en repli sur soi et donc, oui, ça va verrouiller le débat démocratique !

PH : Il y a un article très intéressant dans le causeur de juin qui dit que justement toutes les écoles de journalisme apprennent la pensée unique à leurs étudiants (« Des journalistes à mauvaise école » écrit par Eugénie Bastié) et donc que la plupart sont des gauchistes bien-pensants. Par exemple, au CFJ, ils avaient simulé des élections et c'était Mélenchon et François Hollande qui avaient été élus pour le second tour... Es-tu d'accord avec le constat que ces écoles de journalisme c'est de la reproduction de cette pensée unique ?

VB : Oui, et je crois qu'il y a une peur. Il y a beaucoup de tabous et donc ils ont peur de les franchir sous peine de se faire jeter de leur travail, ou être regardé de travers par leurs collègues journalistes. Il y a aussi des lignes directrices éditoriales et il y a beaucoup de choses qu'ils n'ont pas droit de dire. Du coup, le FN a droit d'être dans les médias et François Mitterrand lui-même avait invité Jean Marie Le Pen dans le début des années 1980 pour se retrouver face à f