LETTRE OUVERTE A FRANÇOIS HOLLANDE

Monsieur le Président,

Vous avez appris avec « une immense émotion » qu’un avion de ligne s’était écrasé en Ukraine, avez immédiatement demandé que tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie et avez exprimé votre solidarité aux proches.

Savez-vous qu’en ce moment même des Palestiniens sont assassinés par une armée d’occupation, l’armée israélienne ?

Je m’étonne que vous n’ayez jamais eu le moindre mot pour ces victimes. On déplore le meurtre de plus de 300 Palestiniens à ce jour, dont une majorité de civils et beaucoup d'enfants. Le bilan ne cesse d’augmenter mais ce sont encore plus de 2 200 blessés, près de 2 000 maisons détruites, dont celle du Consul de France, plus de 40 000 personnes déplacées. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 900 000 personnes, c’est-à-dire la moitié de la population de Gaza est sans eau.

Le gouvernement israélien s'est lancé dans une nouvelle escalade meurtrière en décidant l'intervention terrestre à Gaza.

La politique d’Israël est claire : isoler toujours plus la bande de Gaza, contrecarrer toute possibilité d’union palestinienne et détourner l’attention de son offensive coloniale sur la Cisjordanie. Israël multiplie les crimes et les dénis de droit afin de maintenir l’apartheid imposé à la Palestine. Toute négociation est devenue vaine pour l’arrêter, il faut des actes forts, concrets et coercitifs.

Les justifications des autorités israéliennes qui présentent leurs exactions comme des représailles sont irrecevables. D’abord parce qu’elles frappent des civils qui sont maintenus sous un blocus inhumain depuis plus de six ans et, qu’à ce titre, elles constituent des crimes de guerre. Enfin parce qu’aucune autorité en place à Gaza ne sera jamais en mesure d’empêcher des actions violentes contre le siège de Gaza qui prend en otage une population de plus de 1,6 million d’habitants, la coupant délibérément de ses liens avec la Cisjordanie. La résistance à l’occupant est un droit et même un devoir, et non du terrorisme. Notre pays aussi a connu l’occupation pendant la Seconde Guerre mondiale.

En déclarant qu’il appartient « au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces », vous incitez à la guerre et jouez la carte de l’affrontement, vous cautionnez les pires exactions, les plus abominables crimes. C’est grave et complètement irresponsable.

En exprimant «