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Le BRICS, l’UNASUR et la CELAC dessinent une nouvelle carte du monde multipolaire

¨L'axe du mal¨pour les grands médias occidentaux tend à s'étoffer puisqu'il représente à présent près de la moitié de la population mondiale. De Cristina Fernandez à Evo Morales (premier rang) et de José ¨Pepe¨Mujica à Nicolas Maduro (second rang), l'Amérique Latine a rencontré les BRICS * à Fortaleza, du 14 au 16 juillet 2014. * (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

¨L’axe du mal¨ tend à s’étoffer puisqu’il représente déjà près de la moitié de la population mondiale, 30% du produit intérieur brut global et 23% de la surface de la terre… De Cristina Fernandez à Evo Morales (premier rang) et de José ¨Pepe¨ Mujica à Nicolas Maduro (second rang), l’Amérique Latine a rencontré les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Fortaleza (Brésil) du 15 au 16 juillet 2014.

¨On nous en parle depuis si longtemps, de la nécessité d’une ¨nouvelle architecture financière¨. Nous y voilà, enfin !¨ s’est exclamé Nicolas Maduro lors de la rencontre des chefs d’État latino-américains avec ceux du BRICS. ¨Avec notre Banque du Sud et celle du BRICS, nous pouvons enfin nouer des alliances pour nous développer et pour lutter contre la pauvreté, libérés du chantage du FMI, du dollar et des spéculateurs internationaux qui ont fait des dettes extérieures un mécanisme de domination. C’est pourquoi la lutte actuelle de l’Argentine est notre lutte à tous.¨

Par Alberto Cova

Caracas, 24 juillet AVN – Le "nouvel ordre mondial", surgi des Accords de Bretton Woods qui ont établi les règles de l’échange financier global et ont mis en place l’hégémonie du dollar à perpétuité dans les transactions internationales est trop usé pour rester un paradigme de la domination planétaire. Le 22 juillet 1944, il y a exactement 70 ans, s’achevait la réunion dans un hôtel du New Hampshire dans laquelle les Etats-Unis firent prévaloir leurs intérêts devant les délégués de 44 pays et imposèrent la planche à billet illimitée du dollar pour remplacer l’or en tant qu’étalon de la valeur de chaque monnaie dans le monde. C’est là que sont nés le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, deux institutions qui, depuis lors ont fixé les normes de l’impérialisme économique et ont décidé du sort de peuples entiers.

Mais la planète a changé pendant ces 7 décennies : le déclin des Etats-Unis et de ses satellites européens semble inévitable alors que le modèle hégémonique né de Bretton Woods est confronté à de nouvelles approches venues d’autres centres de pouvoir et d’alliances toujours plus vigoureuses entre des pays qui s’opposent aux directives élaborées par Washington pour son propre profit.

Alicia Barcena, secrétaire exécutive de la Commission Économique pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL, organisme de l'ONU)

Alicia Barcena, Secrétaire Exécutive de la Commission Économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL, organisme de l’ONU)

Pendant que l’empire états-unien lutte encore contre les effets de l’explosion de la bulle spéculative de 2008 et que les pays d’Europe sont pris dans les crises sociales et les dysfonctionnements de leur monnaie unique, un groupe de pays émergents prend l’initiative de la création de deux organismes multilatéraux qui se substitueront aux tout-puissants FMI et BM dans une limite de compétence qui comprend, pour l’instant, la moitié de la population mondiale, 30% du produit intérieur brut global et 23% de la surface de la terre. Le groupe du BRICS (Brésil, Inde, Russie, Chine et Afrique du Sud) a décidé lors de son récent sommet au Brésil de créer une banque de développement (la New Development Bank, NDB) et un fonds de réserve (le Contingency Reserve Arrangement, CRA), qui rempliront les mêmes fonctions que celles pour lesquelles sont été créés le FMI et la BM, c’est à dire, mobiliser des ressources pour financer des projets d’infrastructure et servir de mécanisme préventif face à des épisodes de volatilité financière. Il s’agit de l’accord financier multilatéral le plus important depuis la création des institutions de Bretton Woods, selon Alicia Barcena, la secrétaire exécutive de la Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL).

Chacune de ces institutions aura un capital de 100 000 millions de dollars pour ses tâches de financement de projets et de protection monétaire des pays signataires. "Le nombre croissant de crises qui ont été enregistrées au niveau mondial à partir des années 80 dans les pays développés et en développement (4 dans les années 70, 38 dans les années 80 et 74 dans les années 90) démontre que la volatilité et l’instabilité sont des maux endémiques qui se sont renforcés à cause de la globalisation financière croissante et que les pays développés sont aussi vulnérables face aux aléas des marchés financiers et de leurs effets de contagion que les pays en développement", a dit Barcena en commentant les résultats de la réunion de Fortaleza.

Ainsi, on peut affirmer que l’accord BRICS pour la création d’une banque de développement et d’un fonds de réserve a des dimensions historiques. On peut dire la même chose des méga-contrats signés en mai par la Russie et la Chine pour la fourniture de gaz russe à Pékin pour un montant de 400 000 millions de dollars qui pourra être négocié en Yuans et en Roubles, abandonnant le dollar. Un des accords souscrits entre les géants d’Etat russe et chinois , Gazprom et CNPC, stipule la fourniture de combustible au pays asiatique pendant 30 ans tandis que l’accord entre la Banque de Chine et le VTB, le second groupe bancaire le plus important de Russie, envisage d’effectuer les paiements réciproques dans les devises nationales.

Un vent nouveau porteur d’idées sur le développement soutenable et inclusif souffle sur la scène mondiale, venant du BRICS et d’Amérique Latine, secoue les bases qui soutiennent l’ordre mondial dessiné en 1944 par les Accords de Bretton Woods. Le surgissement du BRICS comme moteur de l’économie globale à cause de ses taux soutenus de croissance élevée, remet en cause l’ordre financier établi depuis la Seconde guerre Mondiale. La nouvelle architecture financière globale d’un monde toujours plus multipolaire, n’aura plus le dollar comme centre de gravité et les institutions surgies des Accords de Bretton Woods n’exerceront plus le rôle de direction qui leur fut assigné et que les intérêts transnationaux se sont approprié.

 

Le BRICS étend son influence en Amérique Latine.

Le président équatorien Rafael Correa avec les dirigeants du BRICS

Le président équatorien Rafael Correa avec les dirigeants du BRICS et de l’UNASUR

Le 6° sommet des pays du BRICS qui a eu lieu au Brésil du 15 au 16 juillet a été suivi avec intérêt dans le monde entier, aussi bien par les Etats-Unis et d’autres pays riches qui parient sur l’affaiblissement de cette instance que par les nations qui voient dans le BRICS une alternative vers un ordre mondial plus démocratique et équitable.

Dans la réunion des présidents du bloc, on a débattu comme thème central, de "la croissance inclusive: solutions soutenables", dans le but d’avancer dans le développement de politiques de croissance économique d’un point de vue social. Dans leur déclaration finale, les pays du BRICS ont déclaré qu’ils "continueront à donner un rôle important à la promotion du développement social et à contribuer à la mise en place d’un agenda international dans cette limite, sur la base de leur expérience dans la recherche de solutions aux défis de la pauvreté et des inégalités". Ils appellent aussi instamment à