Robert Parry

 

24 février 2015

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Le premier mensonge à propos de la crise en Ukraine fut de décréter que le président russe Vladimir Poutine était l’instigateur du conflit et qu’il planifiait une conquête hitlérienne de l’Europe.



La déclaration accusant Sadam Hussein de détenir des armes de destruction massive était plutôt difficile à juger par le citoyen ordinaire, puisqu’elle était soi-disant soutenue par des informations gardées secrètes par les services de renseignements des États-Unis. En revanche, le mensonge aux dépens de Poutine en Ukraine peut être démenti en analysant rapidement les faits connus du public et avec un minimum de bon sens.

Pourtant, le New York Times continue de promouvoir la propagande du gouvernement étasunien à propos de l’Ukraine et catégorise toute observation rationnelle de la situation comme insensée. Pas étonnant, puisqu’il avait fait de même en rapportant à tort, mais promptement, la présence de tubes d’aluminium et du programme d’armement nucléaire iraquien non existant.

Voici les faits vraiment « irréfutables » à propos de cette crise : en novembre 2013, le gouvernement élu du président Viktor Ianoukovitch commençait à vaciller ; Ianoukovitch venait de rejeter l’accord d’association proposé et promu par l’Union européenne. Les experts économiques de Kiev venaient de lui apprendre que, selon cet accord, l’Ukraine devrait cesser ses échanges avec la Russie et perdrait ainsi 160 milliards de dollars de revenus. Sous le choc, le président ukrainien avait décidé de prendre plus de temps pour y réfléchir.

C’était plutôt la chancelière allemande Angela Merkel, et non Vladimir Poutine, qui voulait mettre en œuvre l’accord de l’UE et qui en avait mal calculé les conséquences, comme l’a rapporté le magazine allemand Der Spiegel. À ce moment, Poutine est seulement intervenu en offrant une aide généreuse de 15 milliards de dollars à l’Ukraine, loin d’être un acte de guerre.

La décision de Ianoukovitch de ne pas agir immédiatement concernant l’accord d’association de l’UE généra alors des manifestations de mécontentement à la place de l’Indépendance, ou le Maïdan de Kiev. La majorité de ces manifestants était des Ukrainiens occidentaux, qui espéraient tirer plusieurs avantages de cet accord, notamment le fait de pouvoir voyager sans visa dans l’UE. Poutine n’avait rien à voir avec ces manifestations ; il serait complètement insensé de penser qu’il y ait joué un rôle quelconque.

En février 2014, les manifestations devenaient de plus en plus violentes pendant que les néonazis et d’autres milices s’organisaient dans la ville de Lviv, dans l’ouest du pays. On y déployait quotidiennement des « so