Nombreux sont ceux qui, comme moi, se sont probablement interrogés sur les ressorts psychologiques qui pouvaient pousser un être humain à décapiter ses semblables avec délectation, à assassiner froidement des femmes et des enfants désarmés ou encore à se transformer volontairement en bombe humaine. Si l’organisation terroriste Daech, sponsorisée par les états-unis et leurs alliés régionaux, a développé une rhétorique et des méthodes d’endoctrinement sectaires, le fait que des dizaines de milliers d’être humains rejoignent ses rangs et commettent de semblables atrocités laissait toutefois planer des interrogations sur les méthodes employées par le groupe takfiriste pour arriver à détruite à ce point toute empathie parmi ses recrues. L’ONU dénonçait début février dans un rapport l’enrôlement d’enfants soldats dans les rangs de l’organisation, utilisés notamment comme kamikazes. Si le recourt à des enfants pour commettre des atrocités est une pratique historique courante, ils furent notamment massivement utilisés comme exécutants par les Khmer Rouges, du fait que chez eux le sentiment  d’empathie n’est pas encore complètement développé, les actes inhumains massifs et systématiques commis par les combattants adultes de Daech ne laissait jusqu’à présent entrevoir que deux possibilités : ou bien l’organisation takfiriste avait développé une méthode de conditionnement particulièrement efficace, ou bien elle ne recrutait que des sociopathes dénués d’empathie. Une troisième option avait cependant déjà été évoquée par le site Réseau Voltaire et suggérait l’utilisation d’une amphétamine, le captagon.

 

 

Un article de Paris Match qui cite une enquête de Reuters vient aujourd’hui confirmer cette pratique de l’organisation terroriste. Les combattants de Daech sont massivement drogués au captagon, la drogue serait fabriquée sur place et aurait conquis tout le moyen-orient. Parmi les effets du captagon, une euphorie intense qui fait oublier la douleur et qui conduit également à oublier les autres, « comme si les gens n’existaient pas » confie un jeune djihadiste de 19 ans. La drogue inhibe également la sensation de faim et la fatigue.

Un officier de la brigade des stupéfiants de Homs a confié à l’agence Reuters, à l’origine de l’enquête :

«Nous les frappions, et ils ne ressentaient pas la douleur. Certains riaient même alors que nous leur donnions des coups très forts. Nous les laissions pendant 48 heures, le temps que les effets du captagon ne s’estompent, puis les interrogatoires étaient plus faciles.»

Un combattant kurde décrit également les effets de la drogue sur les combattants de Daech :

«Des centaines de types qui te foncent dessus en hurlant de joie. Ils sont tellement drogués aux médicaments qu’ils ne meurent pas… Ils tombent à la sixième balle !»

La Syrie est devenue le principal centre de production du captagon devant le Liban depuis l’émergence de l’Etat Islamique et la plaque tournante du trafic dans tout le moyen-orient. L’Etat Islamique tirerait des revenus substantiels de ce trafic. En 2013, le Liban a saisi 12,3 millions de sachets, Dubaï plus de 17 millions au mois de novembre 2014. L’Arabie Saoudite serait le premier consommateur au moyen-orient et représentait 21% des saisies dans le monde en 2011…

Guillaume Borel

 

Source : http://lesmoutonsenrages.fr/2015/03/03/le-captagon-la-drogue-du-djihadisme/#more-78349