17/05/15

Cannes 2015, des films, des paillettes et peu de politique

Cannes 2015, des films, des paillettes et peu de politique

 

Le festival de Cannes, premier Festival mondial, est surtout connu pour ses stars mais aussi pour ses sélections de films engagés. La sélection de cette année est cependant moins politique.

2015 semble déroger à la tradition cannoise qui mêle glamour et films politiquement engagés. Cette année, peu de politique, mais beaucoup de stars. Parmi les dix-sept films en compétition, se détache cependant nettement le film du réalisateur français Stéphane Brizé, La loi du marché, dénonciation en règle des violences du marché du travail. Pour les reste, peu de polémiques en vue alors que le Festival s’est créé au fur des années la réputation de mettre en avant des films à forte dimension politique.

Il est en effet loin le temps où la politique n’avait pas droit de cité au Festival de Cannes. En 1956, le Festival avait en effet renoncé à présenter Nuit et Brouillard du Français Alain Renais pour ne pas heurter l’Allemagne. En 1959, un autre film de Resnais, Hiroshima mon amour, ne fut pas sélectionné, cette fois pour ne pas mécontenter les Etats-Unis.

Mais, en 1978, avec l’arrivée à la direction du Festival de Gilles Jacob, le festival défend la liberté d’expression et de création contre la volonté d’Etats qui veulent imposer unilatéralement leurs films.

S’en suivront des sélections indépendantes de films qui porteront un vrai message politique. Ainsi, en 1975, le Festival récompense par la Palme d’or le film de l’algérien Mohamed Lakhdar-Hamina,Chroniques des années de braise, qui aborde de façon réaliste les débuts de la guerre d’Algérie en 1954.

Le réalisateur algérien Mohamed Lakhdar-Hamina, première Palme d’or pour un film africain.

 

1995 sera l’année où la guerre de Yougoslavie s’invitera au Festival avec la sélection puis la Palme d’or pour le film du réalisateur yougoslave Emir Kusturica, Underground. Accusé par une partie de la presse française de propagande pro-serbe, Emir Kusturica exercera son droit de réponse dans la tribune « Mon imposture » où il récusera les accusations proférées à son encontre.

Emir Kusturika recevant la Palme d’Or en 1995.

 

Le Festival de Cannes semble suivre ainsi les soubresauts de la politique internationale. Son véritable coup d’