Aïe... Bernie Sanders mis à mal. J'en garde l'impression d'une grande naïveté. Il a toutefois contribué à faire connaitre aux américains un certain nombre de points de la politique des US.
Et ce qui me gêne, à moi aussi, je l'avoue, ce sont ses omissions... parfois énormes...

" Sanders, bien que critique vis-à-vis des honoraires de conférences exorbitants d’Hillary Clinton auprès de firmes comme Goldman Sachs, refuse de dénoncer le parti et les Clintons — comme Robert Scheer l’a souligné dans une colonne en Octobre — pour leur rôle de majordomes de Wall Street. C’est un mensonge par omission, ce qui cependant reste un mensonge, de la part de Sanders. Et c’est un mensonge qui rend le sénateur du Vermont complice du jeu de dupe orchestré par l’establishment du Parti Démocrate, et dont l’électorat états-unien est victime."


Un complément d'analyse : "Certes, Clinton-Soros, – puisque la candidate Hillary Clinton est évidemment présente dans cette aventure, – pouvez-vous rêver meilleur “ticket” satanique, accessoirement pour gagner l’élection mais essentiellement pour détruire tous ceux qui se mettent en travers de la route de la candidate Clinton, chargée de corruption sans nombre, couturée de scandales et de menaces d’inculpation, comme caractère archétypique, elle, d’une employée-Système poussant à son terme catastrophique l’arrogance, la vénalité, l’hallucination de l’hybris affectiviste. Certes, pourquoi pas Soros comme candidat vice-président, en traficotant un peu son acte de naissance en bébé se découvrant miraculeusement de nationalité américaniste peu après sa naissance en Hongrie ? Enfin, si nous vaticinons de la sortir, c’est parce qu’il y a une thèse, assez bien documentée, selon laquelle les troubles fomentés (d’abord à Chicago le 11 mars, mais aussi à Dayton et à Cleveland le lendemain, en attendant la suite) pour tenter de détruire l’action publique et populiste du candidat Trump sembleraient bien être de manufacture Hillary-Soros, alors que la responsabilité initiale semblait être celle de Bernie Sanders puisque les manifestants anti-Trump se réclamaient de lui. Là est le nœud de l’opération...  (http://www.dedefensa.org/article/hillary-soros-le-ticket-du-diable  )

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Le mouvement illusoire de Bernie Sanders, par Chris Hedges

sur les Crises

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Source : Le Partage, Chris Edges, 22-02-2016

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Article original publié en anglais sur le site de truthdig.com, le 14 février 2016.
Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur américain. Récipiendaire d’un prix Pulitzer, Chris Hedges fut correspondant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’analyse sociale et politique de la situation américaine, ses écrits paraissent maintenant dans la presse indépendante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a également enseigné aux universités Columbia et Princeton. Il est éditorialiste du lundi pour le site Truthdig.com.


Bernie Sanders, qui s’est attiré la sympathie de nombreux jeunes universitaires blancs, dans sa candidature à la présidence, prétend créer un mouvement et promet une révolution politique. Cette rhétorique n’est qu’une version mise à jour du « changement » promis en 2008 par la campagne de Barack Obama, et avant cela par la Coalition National Rainbow de Jesse Jackson. De telles campagnes électorales démocratiques, au mieux, élèvent la conscience politique. Mais elles n’engendrent ni mouvements ni révolutions. La campagne de Sanders ne sera pas différente.

Aucun mouvement ni aucune révolution politique ne se construiront au sein du parti démocrate. L’échec répété de la gauche états-unienne à comprendre la fourberie du jeu des élites politiques, fait d’elle une force politique stérile. L’histoire, après tout, devrait servir à quelque chose.

Les Démocrates, comme les Républicains, n’ont pas intérêt à mettre en place de véritables réformes. Ils sont liés au pouvoir corporatiste. Ils sont dans l’apparence, mais n’ont pas de substance. Ils parlent le langage de la démocratie, et même du réformisme libéral et du populisme, mais empêchent obstinément la réforme sur le financement des campagnes, et font la promotion d’un ensemble de politiques, dont les nouveaux accords commerciaux, qui dépossèdent affaiblissent les ouvriers. Ils truquent les élections, non seulement avec de l’argent, mais aussi avec des soit-disant superdélégués — plus de 700 délégués qui n’ont aucun compte à rendre, parmi plus de 4700 au congrès démocrate. Sanders a peut-être remporté 60% des voix au New Hampshire, mais il a fini avec moins de délégués d’état que Clinton. Un avant-goût de la campagne à venir.

Si la nomination de Sanders est rejetée — la machine Clinton et l’establishment du Parti Démocrate, ainsi que leurs maitres marionnettistes corporatistes, utiliseront les subterfuges les plus bas pour s’assurer qu’il perde — son soit-disant mouvement et sa révolution politique s’évanouiront. Sa base mobilisée, et c’était aussi le cas lors de la campagne d’Obama, sera fossilisée en listes de donateurs et de bénévoles. Le rideau tombera dans un tonnerre d’applaudissements, jusqu’au prochain carnaval électoral.

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Le Parti Démocrate est entièrement solidaire de l’état corporatiste. Cependant, Sanders, bien que critique vis-à-vis des honoraires de conférences exorbitants d’Hillary Clinton auprès de firmes comme Goldman Sachs, refuse de dénoncer le parti et les Clintons — comme Robert Scheer l’a souligné dans une colonne en Octobre — pour leur rôle de majordomes de Wall Street. C’est un mensonge par omission, ce qui cependant reste un mensonge, de la part de Sanders. Et c’est un mensonge qui rend le sénateur du Vermont complice du jeu de dupe orchestré par l’establishment du Parti Démocrate, et dont l’électorat états-unien est victime.

Les partisans de Sanders pensent-ils pouvoir disputer le pouvoir à l’establishment du Parti Démocrate, et ainsi le transformer ? Pensent-ils que les forces sur lesquelles repose le véritable pouvoir — le complexe militaro-industriel, Wall Street, les corporations, l’état sécuritaire et de surveillance — peuvent être renversées par la campagne de Bernie Sanders ? Pensent-ils que le Parti Démocrate autorisera que sa direction soit dirigée par des procédures démocratiques ? N’acceptent-ils pas le fait qu’avec la destruction des organisations syndicales, du mouvement anti-guerre, du mouvement pour les droits civiques, et du mouvement progressiste — une destruction souvent orchestrée par les organes de sécurité comme le FBI — ce parti ait viré à droite au point de n’être aujourd’hui qu’un remake de l’ancien Parti Républicain ?

Les élites utilisent l’argent, ainsi que le contrôle qu’ils ont sur les médias, les tribunaux et le corps législatif, leurs armées de lobbyistes et de « think tanks », pour invalider le vote. Nous avons subi, comme John Ralston Saul l’a écrit, un coup d’état corporatiste. Il ne reste aucune institution, au sein de la société civile, qui puisse être qualifiée de démocratique. Nous ne vivons pas dans une démocratie capitaliste. Nous vivons dans ce que le philosophe politique Sheldon Wolin appelle un système de « totalitarisme inversé ».

En Europe, le Parti Démocrate états-unien serait un parti d’extrême droite. Le Parti Républicain serait un parti extémiste. Il n’y a pas de classe politique libérale — et encore moins de gauche ou progressiste — aux États-Unis. La croissance des groupes protofascistes ne prendra fin que lorsqu’un mouvement de gauche soutiendra une militance sans équivoque pour défendre les droits des ouvriers et entreprendre la destruction du pouvoir corporatiste. Tant que la gauche se soumet à un Parti Démocrate qui se targue de valeurs libérales tout en obéissant aux intérêts corporatistes, elle se détruira elle-même ainsi que les valeurs qu’elle prétend représenter. Elle attisera la rage justifiable du sous-prolétariat, et particulièrement du sous-prolétariat blanc, et renforcera les forces politiques les plus rétrogrades et racistes du pays. Le fascisme prospère non seulement grâce au désespo