Droit international Israël Palestine

Cela fait quarante ans que j’ai quitté ma patrie, la Palestine, et que j’ai émigré en Europe afin d’échapper à la répression, à la confiscation des libertés et aux injustices que nous infligeaient nos nouveaux voisins, les Israéliens.

Je voulais faire la connaissance de ces valeurs tant vantées de justice et de démocratie et aussi gagner correctement ma vie loin du système asservissant du clientélisme.

Je voulais également défier la logique et les arguments sionistes dans leur propre cour arrière.

Je dois dire, non sans amertume, que l’Europe a bien changé ces dernières années à moins que ce ne soit nous, les Arabes, qui ayons changé – et en pire – car nous sommes devenus des marionnettes et le danger nous guette de perdre le peu de crédibilité que nous avions encore en Occident.

Ces jours-ci, la Grande-Bretagne est la proie d’une féroce bataille entre les rares courageux défenseurs des droits bafoués des Arabes de Palestine, ceux qui contestent Israël à propos de ses massacres, exécutions sommaires et crimes de guerre et le lobby sioniste qui a une très grande influence sur la plupart des gouvernements occidentaux, dont le gouvernement britannique.

Les protestations actuelles sont le dernier produit d’une longue série de manifestations du terrorisme intellectuel et politique pratiqué par Israël.

La première chose qui fit l’effet d’une bombe fut la découverte, après plus de deux ans, d’un message posté sur facebook par Naz Shah, député travailliste musulman et sujet britannique, au cours de l’agression israélienne sur Gaza. Dans ce message, Naz Shah faisait remarquer que les États-Unis envoyaient des milliards de dollars par an pour aider Israël et, qu’en fait, on pouvait donc dire qu’ils finançaient la violence. Elle suggéra qu’Israël aille s’installer aux États-Unis où il serait « bienvenu et en sécurité », ce qui permettrait aux Palestiniens de « récupérer leur terre et leur vie ».

Elle ajouta qu’en plus cela ferait économiser beaucoup d’argent au contribuable américain.

Quand ce message fut porté à la connaissance de tous par le site web de droite « Guido Fawkes » (le rédacteur le désigne par l’expression « Thatcher droguée »), Naz Shah fut accusée d’antisémitisme et renvoyée du parti travailliste. Les journaux et le parti conservateur réclamèrent que le Parti Travailliste nettoie ses rangs de cet « antisémitisme endémique ».

Ensuite, ce fut Ken Livingstone, politicien de longue date et ex-maire de Londres, qui fut renvoyé du Parti Travailliste après qu’il eut pris la défense de Naz Shah sur un plateau de télévision. Il fit remarquer qu’il y