Mis à jour le 30/09/2016 à 11h29.

Elise Lucet, présentant son premier Envoyé spécial, notamment consacré à l'affaire Bygmalion.

Elise Lucet, présentant son premier Envoyé spécial, notamment consacré à l'affaire Bygmalion.

Charlotte SCHOUSBOE / FTV

Suivie par près de 3 millions de téléspectateurs ce jeudi 29 septembre, l'émission présentée par Elise Lucet a diffusé un reportage choc sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Vous pouvez le (re)voir sur le site de France Télévisions jusqu'au jeudi 6 octobre.

Implacable. C’est ce qui caractérise le mieux la fameuse enquête d’Envoyé spécial sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2012, ou « affaire Bygmalion », qui a été diffusée le jeudi 29 septembre, et qui a été suivie par près de 3 millions de téléspectateurs (16% de part d'audience), un joli score par rapport à l'audience de l'émission ancien formule.

 

>(Re)voir l'émission Envoyé Spécial du 29 septembre sur le site de France Télévisions

Comme on pouvait s’en douter depuis la diffusion d’un extrait au 20h de France 2 le 8 septembre, tout le film (à partir de 1h04) s’articule autour du témoignage de Franck Attal, cet ex-dirigeant de Bygmalion en charge de l'organisation des meetings. Qui raconte pour la première fois face à une caméra, et par le menu, comment les choses ont dérapé. Un premier meeting à Marseille, le 19 février 2012, est jugé décevant par l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Pas assez grandiose, pas assez clinquant. Son coût : 770 000 euros, quand même. Mais il faut faire mieux. Une meilleure lumière, des caméras qui bougent, façon steady-cam et Louma, un vrai réalisateur de télé... sont exigés pour monter en gamme. « Des moyens dignes du cinéma » résume Franck Attal, qui s’exécute.

 

Surperproduction hollywoodienne

Dès le 7 mars, le directeur de campagne Guillaume Lambert reçoit une note d’avertissement des experts comptables qu’il ne va pas falloir dépenser plus, au risque de dépasser à terme le plafond autorisé pour une campagne présidentielle, à savoir 22,5 millions d’euros. Ça n’empêchera pas l’escalade. Le meeting de Villepinte, le 11 mars, est digne d’une surperproduction hollywoodienne, avec écran de 120 mètres de long et 70 000 personnes chauffées à blanc. Une image furtive prise lors de cet événement montre d’ailleurs le rôle central joué par Franck Attal dans la campagne : casque sur les oreilles, c'est lui qui est chargé d’accompagner le président candidat sur scène. « A ce moment-là, Jérôme Lavrilleux (directeur adjoint de la campgne, ndlr), me dit : “O