|  13/10/2016, 12:52 

François Hollande, auteur de sa propre légende ?

 

En multipliant les livres confessions, François Hollande tente d'écrire son histoire au présent. Une tâche qui met à jour ses limites.

Voici donc la vie politique française soumise à un phénomène assez inédit. Son chef de l'Etat tente d'écrire, en temps réel, par la parution régulière - à rythme soutenu - de livres « d'entretiens », sa propre histoire, alors même que cette histoire n'est pas terminée. C'est là une véritable nouveauté. Le souci de sculpter une image qui restera dans l'histoire n'est pas propre à François Hollande. Tous ses prédécesseurs l'ont eu et l'ont encore. Mais jamais ils n'ont eu cette obsession de le faire en étant encore en fonction.

« Ubérisation » de sa propre postérité

En utilisant des journalistes pour écrire « son » histoire encore en cours, François Hollande innove donc. Il pratique une forme « d'ubérisation » de sa propre postérité, utilisant le besoin infini de reconnaissance du pouvoir des journalistes pour écrire la chronique de sa pratique du pouvoir. Le recours à des journalistes est très significatif. L'hôte de l'Elysée renonce à recourir à l'écriture littéraire, celle qui permet de prendre du recul et de construire une légende. Il ne s'entretient pas avec un secrétaire ou un proche en vue de publier un « livre d'explication » une fois son mandat achevé qui lui permettra de construire sa future stature d'homme « faisant l'histoire ». Il préfère l'écriture journalistique, celle par essence de l'instant, du commentaire, de la polémique.

Se raconter en président

C'est ce qui rend la démarche de François Hollande des plus singulières. Ces livres ne sont pas des interviews classiques, où l'on fait passer un message à l'opinion par l'écriture des journalistes. On le voit par les grands écarts entre le dernier ouvrage publié mercredi 12 octobre* et son interview contemporaine dans l'Obs. Ce ne sont pas un de ces « exercices de communication » habituels. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les explications gênées des « amis des président » sur les « confessi