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Le 23 novembre 2016 – Source Debka file

Contrairement à la plupart des présidents américains élus, Donald Trump n’attend pas d’être officiellement assermenté le 20 janvier. Les sources exclusives de Debka file à Washington et dans l’armée nous ont révélé qu’il s’est déjà investi, sans le dire, dans le contrôle du rôle de l’armée américaine dans les conflits syrien et irakien. Son conseiller en sécurité nationale, le lieutenant-général Michael Flynn, s’est secrètement mis en contact étroit avec le chef du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrouchev, ainsi qu’avec le président Tayyip Erdogan de Turquie et le roi Abdullah de Jordanie. Leurs discussions secrètes préparent le terrain pour une attaque conjointe sur les bastions d’État islamique en Irak et en Syrie, peu de temps après que Trump se sera installé à la Maison Blanche. Leur plan d’opération impliquerait également les armées régulières turque, jordanienne, irakienne et des pays du golfe Persique.

 

Le rôle d’Israël dans ces négociations secrètes a commencé à apparaître avec les nouvelles dispositions à la frontière du Golan, déjà annoncées par Debka file le 21 novembre :

Israël, la Jordanie et la Syrie ont engagé des discussions secrètes pour la stabilisation de leurs frontières dans le sud de la Syrie en rétablissant le statu quo antérieur qui régnait dans le Golan avant que la guerre civile syrienne ne débute, en 2011.

Cette information est rapportée exclusivement par Debka file grâce à nos sources dans le monde du renseignement, à Washington et Moscou.

La future administration de Trump à Washington et le président russe Vladimir Poutine sont de la partie, de même que le dirigeant des Émirats arabes unis, le Sheikh Mohamed Bin Sayed Al Nahyan.

Bien qu’étant encore à leur stade préliminaire, les négociations ont produit un premier résultat tangible : une avant-garde de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (la FNUOD) s’est installée du côté syrien du Golan. Elle a pris position dans son ancien camp de base de Fawwar, à 4 km à l’est de Quneitra, qu’elle avait évacué pendant les combats en Syrie. Le corps principal de la force, soit environ 1 000 soldats des Nations Unies et 70 observateurs, devrait reprendre la tâche de reconstituer l’ancienne zone démilitarisée qui séparait Israël et la Syrie en vertu de l’accord d’armistice de 1974.

Cette zone démilitarisée s’étend sur 80 km le long de la chaîne Hermon, jusqu’à la frontière libanaise au nord et jusqu’au triangle israélo-syro-jordanien au sud de la Syrie, puis jusqu’à la frontière jordanienne. Dans cette zone du Golan, longue de 25 km et ayant de 500 mètres à 10 kilomètres de profondeur, les forces israéliennes et l’armée syrienne étaient limitées quant au nombre de soldats et au type d’armes qu’elles étaient autorisées à utiliser. Cette bande de terre retournera à l’administration civile syrienne sous le contrôle de la FNUOD et le point de passage frontalier israélo-syrien sera rouvert dans la zone de Quneitra, sous la supervision conjointe d’officiers de l’ONU, d’Israéliens et de Syriens.

Les accords militaires sont toujours en discussion et des changements peuvent y être introduits.

Le principal obstacle au retour des conditions datant d’avant la guerre syrienne dans cette région frontalière sensible est la présence de forces rebelles syriennes radicales dans le sud de la Syrie, principalement l’armée Khalid bin Walid dont les dirigeants ont prêté serment au commandant d’État islamique Abu Bakr al-Baghdadi.

Ces forces rebelles feront face au choix d’accepter l’autorité de l’armée syrienne ou de mener une ultime bataille.

Israël a un intérêt supplémentaire et impérieux à rétablir la zone de désengagement avec la Syrie dans la mesure où cela ne laisse aucune excuse à une force militaire pour s’installer face au Golan israélien et à la Galilée, comme ce fut le cas ces derniers mois, par l’Iran et son proxy libanais, le Hezbollah, afin d’ouvrir un nouveau front permettant de mener des attaques terroristes contre Israël – comme DEBKA file a été le premier à le révéler.

Un indice indirect au sujet de ces négociations diplomatiques secrètes en cours est venu du président syrien Bachar el-Assad dans une interview qu’il a donnée le 16 novembre à une station de radio portugaise, quand il a dit : «Si – je dis bien si – Trump combat les terroristes, il est clair que nous allons devenir un allié naturel, ensemble avec les Russes, les Iraniens et de nombreux autres pays désirant vaincre les terroristes.»

Les parties ayant des degrés divers de participation à la restauration de la zone démilitarisée contrôlée par l’ONU sur la frontière du Golan sont donc la future administration Trump, Moscou, Damas, Amman, Abou Dhabi et Jérusalem. La Russie, la Jordanie et les Émirats ont, pour la première fois, gagné en importance politique dans la région en raison des changements dans l’équilibre stratégique engendré par la guerre syrienne.

Debka File

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone