Sur lorientlejour 

Le candidat de la droite française à l'élection présidentielle de 2017, François Fillon, défend un programme conservateur sur les questions de société et très libéral en économie, avec une cure d'austérité sévère et un grand retour aux valeurs traditionnelles. AFP / MARTIN BUREAU


Économie, société, diplomatie...voici les principaux points du programme défendu par le vainqueur de la primaire de la droite et du centre.

OLJ/AFP
28/11/2016

Le candidat de la droite française à l'élection présidentielle de 2017, François Fillon, défend un programme conservateur sur les questions de société et très libéral en économie, avec une cure d'austérité sévère et un grand retour aux valeurs traditionnelles.

 

100 milliards d'euros d'économie
Son objectif est d'économiser 100 milliards d'euros en cinq ans sur les dépenses publiques, ce qui se traduira par une réduction de 500.000 postes dans le service public, sur un total de 5,4 millions dépendant de l'Etat. L'âge de la retraite serait repoussé de 62 ans à 65 ans.

François Fillon compte aussi s'attaquer au système de protection sociale publique, auquel les Français sont très attachés. Il veut concentrer les remboursements de l'assurance-maladie sur "les affections graves et de longue durée", le reste incombant aux assurances privées.

La fiscalité des entreprises serait allégée, dans l'idée de les rendre plus compétitives, l'impôt sur la fortune (ISF) supprimé et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) augmentée de deux points.

 

(Portrait : François Fillon, la revanche de l'éternel second)

 

Fin des 35 heures, chômage dégressif
Son projet "radical" promet d'en finir très rapidement avec la durée légale du temps de travail de 35 heures hebdomadaires, mesure phare de la gauche, régulièrement contestée depuis son entrée en vigueur il y a plus de quinze ans.

Il prévoit un retour aux 39 heures -payée 37- pour les fonctionnaires et entend laisser à la négociation la durée du temps de travail dans les entreprises, dans la limite des 48 heures par semaine fixée par le droit européen.
Il veut diviser par deux le nombre de chômeurs. Le montant des allocations chômage sera dégressif.

 

 

La famille au centre
François Fillon, qui revendique sa foi catholique, promeut une vision traditionnelle de la famille. Il veut rétablir des avantages pour les familles les plus aisées supprimés par la gauche, il s'oppose à la procréation médicalement assistée pour les femmes seules et les lesbiennes, il rejette la gestation pour autrui.

François Fillon promet de ne pas toucher au droit à l'avortement, même s'il s'y oppose à titre personnel, compte tenu de sa foi.

 

(Lire aussi : Pourquoi François Fillon a-t-il gagné les primaires de la droite française ?)

 

Un Etat fort, une immigration contrôlée 
Pour "rétablir l'autorité de l'Etat", une enveloppe de 12 milliards d'euros supplémentaires est prévue pour la police et la justice. François Fillon est favorable à une police municipale armée.

Il veut empêcher le retour en France des jihadistes partis combattre à l'étranger et leur retirer la nationalité française. Les étrangers "appartenant à la mouvance terroriste" seraient expulsés.

L'immigration doit être contrôlée, avec la mise en place de quotas, et l'accès des étrangers aux prestations sociales limitée.

François Fillon réfute l'idée d'une France multiculturelle: "en tout cas c'est pas le choix que nous avons fait, nous n'avons pas fait le choix du communautarisme, du multiculturalisme."

L'ancien Premier ministre (2007-2012) considère aussi qu'"il y a un problème lié à l'islam", "une montée de l'intégrisme musulman dans la société française" et veut fermer les mosquées salafistes.

 

Se rapprocher de la Russie
Ardent défenseur d'une France "forte" au sein de l'Europe, M. Fillon, qui a de bonnes relations avec Vladimir Poutine, veut renouer le dialogue avec Moscou et voit la Russie comme une alliée face à la menace représentée par le groupe État islamique. Cela n'exclut pas de "renouer une relation franche et solide" avec les États-Unis.

Sur le dossier syrien, il soutient l'idée de ne pas exclure le régime de Bachar el-Assad du règlement du conflit.

 

 

Lire aussi

Le FN s’interroge sur la dangerosité de Fillon pour Marine Le Pen

Fillon, un ami de Poutine dans la course à l’Élysée ?

François Fillon, les chrétiens d’Orient et la Russie

L’économie au cœur de la campagne de François Fillon