Une réflexion et des constats devenus de plus en plus actuels

 

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sur le blog d'Alain Benajam

 

25 avril 2016

 

 

A moins que la gauche ne soit devenue pire que la droite

 

Tout le monde associait, il n'y a pas si longtemps, la gauche politique, à un ensemble de partis et organisations prônant des changements dans l'ordre social. L'extrême gauche, qualifiée de « rouge» prônant des changement révolutionnaires et la gauche moyenne classique « rose » prônant des réformes plus ou moins parcimonieuses pour aller graduellement dans le même sens. Ce sens devait un jour conduire au socialisme, propriété sociale des moyens de production. Il y avait des divergences dans cette gauche quand aux moyens de parvenir à un socialisme ou une république sociale entre révolutionnaires, et réformistes, mais ces deux grands mouvements historiques issues d'un même parti socialiste ayant fait scission en 1920 affichaient clairement leur volonté de supprimer à terme le système capitaliste.

 

L'abandon par le PCF de sa ligne révolutionnaire pour se joindre à la ligne réformiste du PS.

 

Qaund le PCF défendait l'intéret national.

 

Depuis la Libération, ce que l'on appelait la gauche communiste se distinguait nettement de la gauche non communiste. Le PCF représentait la seule force politique réellement anticapitaliste. En 1969 le candidat du PCF Jacques Duclos recueillit 21% des voix aux élections présidentielles alors que le PS ne put en recueillir que 5%, à gauche le PCF pesait le plus lourd. En 1972, les divergences importantes à gauche, dans une stratégie d'accession au pouvoir entre communistes et socialistes s’amenuisèrent soudain par la rédaction d'un programme commun de gouvernement à la lecture duquel il était claire que les solutions dites réformistes des socialistes avaient nettement pris le pas sur ce qui était préconisé jusqu'alors par les communistes révolutionnaires. Ce programme commun scella une « union de la gauche » avec désistement automatique au deuxième tours des élections et, pour les médias, il n'y avait plus que « La Gauche ». A la suite de la signature du programme commun le rapport de force à gauche s'inversa dés les élections de 1974. En effet après la signature de ce programme, le PCF subit une continuelle hémorragie électorale allant aujourd'hui jusqu'à une quasi disparition. Suite à cette perte d'influence ce sont les communistes qui petit à petit établirent leur politique sur celle du PS. Il est normal que les électeurs communistes n’entendant plus parler que d'une « Gauche » avec son programme commun abandonnèrent le vote communiste. Dans la réalité, à l'étude plus profonde des votes on s’aperçoit que l'électorat communiste traditionnel se réfugiait dans l’abstention.

En 1981, la « Gauche » gagna les élections avec une forte majorité socialiste et le premier gouvernement Maurois tenta d'appliquer le début du programme commun, des ministres communistes furent nommés. Ce fut un échec économique et ce programme fut rapidement abandonné. A partir de ce moment le PCF changea de nature, il perdit sa base sociale ouvrière pour de petites classes moyennes.

Le PCF ne participait plus aux luttes anti impérialistes comme il le faisait pour la guerre du Vietnam. Le démantèlement de la Yougoslavie par l'impérialisme, puis les bombardements meurtriers sur l'Irak et la Serbie ne mobilisèrent plus ce parti. Le 11 septembre 2001 le PCF valida sans broncher une version officielle des plus contestables marquant précisément à cette date et dans les faits sa soumission politique totale à l'impérialisme.

La direction du PCF connaissait pourtant très bien les liens organiques qui liaient le Parti Socialiste avec les USA depuis la fin de la guerre, l'engagement de ce dernier dans la guerre froide et surtout sa ferme volonté de conduire la France dans une Union Européenne voulue par l'impérialisme, qui scellait la fin de la souveraineté de notre nation. Avec le recul du temps on ne peut que s'interroger sur le suicide politique d'un PCF qui défendait l'intérêt national, la production française et s'opposant aux flux migratoires organisés par le patronat pour influer sur les salaires.

 

L'avènement des trotskistes et de l'idéologie mondialiste dans la néo gauche
 

A partir des années 70 c'est à dire après un mai 68 qui mit fin à la présidence du général de Gaulle et sa politique d'indépendance nationale, les trotskistes très actifs dans les manifs étudiantes commencèrent à faire de «l'entrisme » au PS. L'entrisme dans la phraséologie trotskiste consiste à adhérer à un parti politique pour essayer d'en modifier la ligne directrice.

Lisons ce que nous dit le site Polemia à ce sujet :

 

« La SFIO s'était contentée d'héberger en son sein divers groupuscules trotskistes. Le PS quant à lui va établir une véritable osmose avec la galaxie trotskiste.

Juin 1971, Mitterrand a fini par réussir à s'emparer du PS. Cependant, il lui reste encore un problème de taille à résoudre : le PS est confronté à un manque cruel de cadres. Pour palier ce problème, Mitterrand décide de se tourner vers les organisations trotskistes. Il charge alors son bras droit, Pierre Joxe, de recruter des cadres trotskistes. Après une petite enquête sur les diverses organisations trotskistes, Pierre Joxe se rend compte que seule l'OCI (Organisation communiste internationaliste) de Lambert pourrait accepter d'envoyer ses cadres au PS. En effet, Lutte ouvrière opère comme une secte repliée sur elle-même et la LCR, ne voyant pas en quoi cela pourrait lui être utile, rechigne à envoyer ses cadres. Elle préfère pratiquer l'entrisme dans les organisations amies et essayer d'en prendre le contrôle.
Après de courtes négociations, Lambert accepte d'envoyer des cadres de l'OCI au PS. Il espère, ainsi, radicaliser la ligne du PS et avoir un certain contrôle sur celle-ci. C'est dans ce type de climat qu'arrivent des cadres trotskistes comme Lionel Jospin au PS. La collaboration entre le PS et l'OCI ne se réduit pas à un simple transfert de cerveaux. L'OCI débauche ses militants pour faire du tractage à grande échelle en faveur du PS et son service d'ordre assure la protection de nombreuses manifestations socialistes. Mieux encore, la garde personnelle de certains caciques du PS est confiée au SO de l'OCI. A titre d'anecdote, on pourra rappeler que c'est le SO de l'OCI qui a été chargé de s'occuper de la foule qui s'était amassée, le soir du 10 mai 1981, place de la Bastille et que l'imposant tractage opéré en faveur de Mitterrand entre les deux tours de l'élection présidentielle est l'oeuvre des lambertistes... « 

 

Laurence Rossignol, Julien Dray, Christophe Cambadélis, Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoé et bien d'autres ont fait leurs premières armes à l'OCI lambertiste.

Avant leur entrée au PS ces militants avaient tout d'abord été formés aux USA au sein du Trade Union AFL-CIO contrôlé par la CIA et le département d'état US. Cette information avait été révélé

par Jean-Luc Mélenchon à Thierry Meyssan en 2007, le dit Jean-Luc avait fait parti de ce type de stage et le regrettait fort à l'époque.

 

Trotskisme et mondialisme un mariage de raison avec l'impérialisme.

 

Trotski, s'était opposé à Lénine durant la révolution russe d'octobre 1917 sur la question nationale. Trotski prétendait qu'il était impossible de construire le socialisme dans un seul état et comme selon lui le prolétariat ne pouvait avoir de nations il fallait imposer le socialisme en même temps dans tous les pays du monde. Lénine et surtout après lui Staline étaient conscients de l'importance du fait national dans l'établissement du socialisme.

Cette négation de la nation par Trotski plut aux USA, on sut récemment que Troski était un agent britannique et à la lueur de ce fait on comprend mieux cette position et le mariage de raison si ce n'est d'amour entre trotskisme et anglo-saxons.

Pour que l'impérialisme impose son pouvoir sur les peuples il était absolument nécessaire pour lui de détruire les nations et principalement les nations civiques, non ethniques.

 

Nations ethniques, nations civiques et mondialisme.

 

Il y a deux conceptions de la nation portées par deux idéologies différentes. L'idéologie allemande nous donne une définition ethnique issue de la fin du 19ème siècle. Pour cette idéologie, la nation ne serait qu'une communauté de culture, de langue, et d'histoire. Cette vision réductrice est non envisageable en Europe tant les cultures, les langues et l'histoire sont imbriquées, elle signifierait qu'il n'existerait pas de nation française. Il conviendrait alors de découper notre pays en pseudo ethnies divers et variées. C'était à la fois le projet nazi et un projet porté par les écologistes et dénoncé par Pierre Hillard. On voit que cette conception, si elle devait être suivie, conduirait à la balkanisation de tous les pays d'Europe sauf de l'Allemagne.

 

L'idéologie française avait déjà défini une conception civique de la nation dés 1789. Pour les français une nation est composée de citoyens habitant à l'intérieur de frontières mutuellement reconnues par ses voisins et soumis à un corpus de lois communes. On comprend que cette conception de la nation légale, reprise aujourd'hui officiellement par toutes les nations et la charte de l'ONU pose un grave problème à l'impérialisme.

Une nation ce sont des frontières et des lois, les dites lois et frontières ne pouvant que gêner l'impérialisme dans sa volonté de soumettre les peuples à ses intérêts.

Abattre cette conception de la nation est le grand projet impérialiste qui ne cessera pas depuis 1945 à vouloir imposer en lieu et place le mondialisme.

 

Descendue des beaux quartiers la petite bourgeoisie joue à la révolution mais approuve les massacres "humanitaires" comme en Libye ou en Syrie.

 

Une conjonction idéologique naturelle entre la Gauche « trotskisée » et une idéologie promue par l'oligarchie financière.

 

Le trotskisme ignore la conception civique et légale de la nation pour ne retenir que la conception ethnique allemande, cette conception avait été le fer de lance du nazisme avec évidemment un nationalisme ethnique. Faisant l'amalgame entre ces deux conceptions contradictoires de la nation le trotskisme affirme que la nation est « fasciste ». Les trotskistes lambertistes ayant mis la main sur le Parti Socialiste cette affirmation devint celle du PS et par soumission, celle de toute une gauche dans laquelle l'ex PCF n'a pu que se fondre.

Ce fut une divine surprise pour l'oligarchie financière mondialiste qui reprit ce concept de nation fasciste, hitlérienne, diabolique pour répandre cette idée par l'ensemble des médias qu'elle domine. Elle lança cette idées par ses ONG, particulièrement « l'Open Society » (la société ouverte) du milliardaire Georges Soros et le CANVAS de Gene Sharp (Centre for Applied Non Violent Action and Strategies) l'appellation de ces organisations fait très humanistes mais cache les intentions les plus noires : la soumission des nations à la prédation capitaliste.

Georges Soros est emblématique de la finance mondialiste, cet homme n'a jamais de sa vie détenu de sociétés industrielles donc jamais gagné de l'argent par la fabrication et la vente de quoi que ce soit, c'est un pur spéculateur établissant sa fortune sur la hausse des matières premières et donc le malheur des peuples.

 

Une posture d'ultra gauche et des actions contre les anti impérialistes..

 

La Gauche devint alors le fournisseur d'un corpus idéologique pour l'impérialisme.

 

Une nouvelle approche de la guerre impérialiste va émerger dans les années 80 des « think tank » étasuniens et de ses ONG après le désastre de la guerre du Vietnam. A ce moment, l'argument de l'impérialisme était la lutte contre le « communisme », ce pseudo « communisme » ayant disparu, et l'idéologie de Gauche devenue une alliée, l'argument impérialiste deviendra celui de l'ingérence « humanitaire ».

 

Comme le concept de nation ethnique était le seul retenu par la Gauche et l'impérialisme, contrairement au concept de la charte de l'ONU, il devenait aisément démontrable que les nations d'essence « fascistes » ne pouvaient être reconnues inviolables et qu'il devenait moralement possible de s'ingérer dans les affaires de ces dites nations à partir du moment ou cette Gauche de l'impérialisme estimait que le dirigeant de cet état national était un tyran. L'estimation du caractère tyrannique du dirigeant national visé étant réservé aux médias financés par ce même impérialisme.

C'est ainsi que la Yougoslavie fut détruite et la Serbie bombardée faisant des milliers de morts et ce avec l’appui sans conteste de notre Gauche criant « à mort ! ». La Libye fut bombardée et détruite pour des motifs les plus crapuleux avec l'appui de la Gauche, Mme Joly alors dirigeante des Verts demandant même le débarquement de soldats. Puis vint le tour de la Syrie, mais à ce moment la Russie intervint pour s'opposer aux bombardements. Alors des mercenaires musulmans ou pseudo tels furent envoyés de partout pour détruire ce pays, massacrer son peuple de la manière le plus ignoble qui soit. Comme ces mercenaires étaient baptisés « révolutionnaires » par les médias de l'impérialisme la Gauche dans son ensemble soutint le massacre de masse. J'ai même vu à la fête de l'humanité des stands consacrés à l'expression de ces mercenaires de l'impérialisme et de l'ex colonialisme français.

 

Balkanistion de la France vue par les "écologistes" de gauche.

 

La Gauche aujourd'hui avant garde idéologique du capitalisme et de son impérialisme.

 

Aujourd'hui le partenariat idéologique entre la Gauche extrémiste ou non et l'impérialisme est parfaitement bien réglé. Le travail de la gauche est d’œuvrer comme le font les médias, à l'isolement politique des organisations réclamant le recouvrement de l'indépendance nationale. Ces forces politiques sont qualifiées de fascistes ou d'extrême droite, surtout diabolisées en tentant de les amalgamer avec de ce que fut le nationalisme ethnique hitlérien avec ses crimes.

 

Eva Joly, la parfaite anti France, écolo de gauche, voullait des chars français en Libye mais pas sur les Champs Elysées

 

http://www.marianne.net/Eva-Joly-veut-des-chars-en-Libye-pas-sur-les-Champs-Elysees_a208455.html

 

Le récent mouvement gauchiste « Nuit Debout » ne présente aucun doute possible sur les intentions de ses organisateurs, intentions allant dans la droite ligne idéologique de l'impérialisme et abondamment expliqué dans nombre de médias. Tout le monde a pu y voir des bandes de nervis se baptisant par antinomie « antifa » expulser violemment les personnalités ayant une couleur indépendantiste en les traitant de fasciste . Ce mouvement s'est réclamé clairement en filiation des pseudos printemps arabes dont on sait maintenant qu'ils ont été organisés par l'impérialisme, il a pris pour symbole le poing levé initialement utilisé par l'organisation Optor qui organisa un coup de force en Serbie pour le compte des USA. Ce même symbole fut également utilisé par l'ensemble de ces mouvements de déstabilisation organisés par les USA partout dans le monde.

Alors à quoi peut bien servir ce mouvement de petits bourgeois « Nuit debout » pour les sponsors habituels étasuniens de ce genre d'organisation.

On ne pense évidemment pas à une révolution colorée à la française, les politiciens de gauche comme de droite de ce pays sont parfaitement obéissants aux injonctions impérialistes. La seule explication possible, considérant la violence réservées aux indépendantistes, est la création d'un mouvement coloré à gauche qui serait prêt à prendre la rue contre ces indépendantistes en cas de succès électoral de ces derniers.

On peut considérer aujourd'hui après les explications claires de Frédéric Lordon à la Bourse du Travail, que « Nuit Debout » peut être considéré comme un prototype, une répétition générale , un « kriegspiel » dans l'éventualité ou la France serait sur le chemin de recouvrer sa souveraineté.

 

Lénine a écrit un livre remarquable qui s'intitule : « l'Impérialisme, Stade suprême du Capitalisme ». Aujourd'hui le capitalisme dans sa phase ultime, entièrement financier, non industriel, à besoin de la mondialisation et de l'extinction des nations civiques ou états-nations pour faire perdurer sa prédation sur le monde.

 

La Gauche prenant une posture extrémiste anti nationale, faussement antifasciste offre à ce capitalisme l'argumentaire politique qui lui fallait.

 

Depuis peu je suis interdit d'expression sur FaceBook pour un mois, je dois subir continuellement des piratages sur mes cartes bancaires, à chaque fois que je passe une frontière je dois subir un interrogatoire.
Alors il semblerait que mon expression inquiète le régime issu de l'oligarchie mondialiste et ce faisant me donne raison. Ce n'est certainement pas les organisateurs de « Nuit Debout » qui pourraient subir ce genre d'avanie.

 

Alain Benajam