Aude Lancelin est journaliste. Elle a successivement travaillé pour Le Nouvel Obs, Marianne, avant de retrouver le journal de Jean Daniel, aujourd’hui devenu L’Obs. Elle en a été licenciée. Elle raconte cette épreuve dans Le monde libre, qui a reçu le prix Renaudot. À l’occasion de la sortie de son livre, l’équipe du Comptoir tenait à la rencontrer pour en parler. Dans ce long entretien, plusieurs thèmes sont abordés : le passage d’un capitalisme paternaliste à un actionnariat vorace, un affaissement intellectuel sans précédent, des partis pris éditoriaux suicidaires, une gauche moribonde et un climat politique agité. Des attentats contre Charlie Hebdo à Nuit debout, il est aussi question de deux années éprouvantes où le pouvoir “socialiste” en place n’est pas avare en vilenies.

Le Comptoir : Pourquoi avoir voulu romancer cet essai, notamment en dissimulant les noms de certains des personnages, alors que vous aviez l’occasion de pointer directement certaines responsabilités ?