22 août 2016

sur CONTREPOINTS

L’ascendant culturel de la gauche est si fort que plus personne n’ose rappeler les racines socialistes du fascisme.

L’ascendant culturel de la gauche est si fort que plus personne n’ose rappeler les racines socialistes du fascisme.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Un indice se cache dans cette affiche.

« Je suis Socialiste, et un Socialiste plus authentique que votre riche ami le Comte Reventlow », disait Hitler en 1930 à Otto Strasser.

À l’époque, personne n’aurait considéré cette phrase comme controversée. Les nazis auraient difficilement pu afficher plus ouvertement leur socialisme, ils se définissaient avec la même terminologie que notre SWP [Socialist Workers Party, le plus grand parti d’extrême gauche anglais, NDT] : Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands.

Il était évident pour tous que le fascisme est une émanation de la gauche révolutionnaire. Ses militants défilaient le premier mai sous des drapeaux rouges. Ses dirigeants défendaient le collectivisme, la nationalisation de l’industrie, le protectionnisme, les conseils d’ouvriers. Partout en Europe, ils pensaient comme Hitler qui dit à un Mussolini enthousiaste en 1934 : « le capitalisme a fait son temps ».

Une des réussites les plus impressionnantes de la gauche moderne est d’avoir imposé un climat culturel qui refuse d’entendre ces simples faits. L’Histoire est réinterprétée en partant du principe que le fascisme est de droite, la logique étant semble-t-il que « gauche » signifie gentil, « droite » méchant, et que les fascistes étaient très méchants. Cette analyse qui semble sortie tout droit de Twitter est déplacée de la part de commentateurs sérieux.

Quand avez-vous entendu pour la dernière fois la BBC évoquer le BNP [British National Party, parti nationaliste anglais NDT] sans l’épithète « extrême droite » ? Cette terminologie délibérément tendancieuse nuit à la droite mainstre